Révision/changement de la Constitution : L’ECC se prononce ce dimanche

L’Église du Christ au Congo (ECC) doit rendre publique ce dimanche sa position sur la question de la révision ou du changement de la Constitution, un débat qui cristallise depuis plusieurs mois les tensions entre la majorité présidentielle, une partie de l’opposition et diverses organisations de la société civile en République démocratique du Congo.

Avant de se prononcer, l’une des principales confessions religieuses du pays a entrepris une série de consultations avec des représentants des différentes tendances politiques afin de recueillir leurs arguments respectifs sur ce dossier aux implications institutionnelles majeures. Dans ce cadre, l’ECC a auditionné le secrétaire permanent de l’Union sacrée de la Nation, André Mbata, le secrétaire général de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), Augustin Kabuya, ainsi que l’opposant Martin Fayulu, président de l’Engagement pour la citoyenneté et le développement (ECiDé).

Selon les informations recueillies à l’issue de ces échanges, les représentants de la majorité ont défendu la nécessité d’une réforme constitutionnelle afin, selon eux, d’adapter certaines dispositions de la Constitution de 2006 aux réalités actuelles du pays et au fonctionnement des institutions. À l’inverse, Martin Fayulu a réaffirmé son opposition à toute modification de la Loi fondamentale dans le contexte actuel, estimant que les priorités nationales demeurent la restauration de la sécurité, particulièrement dans l’Est du pays, ainsi que la consolidation de la cohésion nationale.

Cette démarche de consultation intervient alors que le débat sur l’avenir de la Constitution prend de l’ampleur à travers le pays. L’Union sacrée de la Nation poursuit ses consultations sur une éventuelle réforme constitutionnelle tandis que plusieurs figures de l’opposition, regroupées notamment au sein de la Coalition Article 64, multiplient les mises en garde contre toute initiative visant à modifier le texte fondamental.

Vendredi à Kinshasa, la Coalition citoyenne pour la Nation, dirigée par le pasteur Évariste Ejiba, a organisé une manifestation pacifique pour appeler à la tenue d’un référendum, estimant que la décision sur l’avenir de la Constitution devrait revenir directement au souverain primaire.

Dans ce contexte marqué par des positions antagonistes, la prise de position de l’ECC est attendue avec intérêt. Historiquement, les grandes confessions religieuses ont souvent joué un rôle de médiation dans les périodes de tensions politiques en RDC et leur voix continue de peser dans le débat public.

L’enjeu est d’autant plus important que l’ECC est actuellement engagée, aux côtés de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), dans une initiative de paix de grande envergure destinée à favoriser le rapprochement entre les différentes forces politiques et sociales du pays. Ce processus, qui intervient dans un contexte marqué par la persistance de l’insécurité dans l’Est de la RDC, plaide notamment pour la tenue d’un dialogue politique national inclusif susceptible de contribuer à la cohésion nationale et à la recherche de solutions durables aux crises que traverse le pays.

Pour plusieurs observateurs, la position que rendra publique l’ECC pourrait ainsi dépasser le seul cadre du débat constitutionnel et s’inscrire dans une réflexion plus large sur les conditions nécessaires à la stabilité politique, à l’unité nationale et à la consolidation de la paix.

L’annonce attendue ce dimanche intervient alors que les discussions autour de la révision ou du changement de la Constitution s’imposent progressivement comme l’un des principaux sujets du débat politique congolais, à moins de trois ans de la prochaine échéance présidentielle prévue en 2028.

C.G

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