Ouvert le 2 novembre 2026 au Parlement britannique, le Forum économique UK-RDC entend donner un contenu concret au partenariat commercial entre les deux pays. À Londres, la délégation congolaise a plaidé pour une mobilisation accrue des investisseurs britanniques dans l’agro-industrie, l’énergie verte et la transformation locale, tout en portant auprès du gouvernement britannique les préoccupations sécuritaires liées à la crise dans l’est de la RDC.
Prévu du 2 au 4 novembre, ce rendez-vous économique s’inscrit dans le prolongement du partenariat conclu le 25 novembre 2025, qui prévoit un accès préférentiel au marché britannique pour près de 99 % des produits congolais. Malgré ce dispositif, les échanges commerciaux directs entre les deux pays restent, selon la délégation congolaise, en deçà du potentiel économique de la RDC.
Lors de la cérémonie d’ouverture au Parlement britannique, le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, était accompagné du ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, et de la vice-ministre des Affaires étrangères, Noëlla Ayeganagato. Devant des investisseurs, parlementaires et banquiers britanniques, ils ont mis en avant les opportunités d’affaires offertes par la RDC.
La délégation a notamment évoqué la sortie du pays de la liste grise du Groupe d’action financière (GAFI) et la tenue de son Examen de politique commerciale à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) parmi les signaux de crédibilité économique présentés aux partenaires.
British International Investment et UK Export Finance sollicités

La question du financement des investissements a occupé une place importante dans les échanges avec Kristy McNeill, ministre britannique chargée du Développement international et de l’Afrique, lors d’une audience au siège du Foreign, Commonwealth & Development Office (FCDO).
Julien Paluku a invité le gouvernement britannique à encourager deux instruments de financement, British International Investment (BII) et UK Export Finance (UKEF), à accompagner les entreprises désireuses de développer des projets en RDC, particulièrement dans l’agro-industrie, l’énergie verte et la transformation locale des ressources.
Kinshasa entend ainsi tirer davantage profit du Developing Countries Trading Scheme (DCTS), le régime britannique de préférences commerciales accordées aux pays en développement. La délégation a également mis en avant la position géographique de la RDC, présentée comme un pays-hub au cœur de l’Afrique, ainsi que les efforts engagés pour moderniser ses infrastructures commerciales.
La crise dans l’Est également au menu
L’audience au FCDO a également permis d’aborder la situation sécuritaire dans l’est de la RDC et ses implications régionales. Les discussions ont notamment porté sur le rôle des acteurs régionaux, les FDLR, les discours de haine et les récits divisionnistes entretenus depuis plusieurs décennies autour de la crise dans la région des Grands Lacs.
La partie congolaise a exposé à la ministre britannique sa lecture des causes et de la persistance du conflit, ainsi que les préoccupations de Kinshasa face à ce qu’elle considère comme une agression contre le pays. L’objectif affiché était de mieux faire comprendre à Londres les différentes dimensions de cette crise, au-delà des discours qui en alimentent les controverses.
Une première congolaise au Livre d’or du Parlement

Autre moment marquant de la cérémonie d’ouverture : Julien Paluku, Patrick Muyaya et Noëlla Ayeganagato ont été invités à signer le Livre d’or du Parlement britannique. Selon l’ambassadeur de la RDC au Royaume-Uni, Ndolamb Ngokwey, il s’agit d’une première pour une délégation congolaise.
Au-delà de sa portée symbolique, cet événement traduit la volonté de Kinshasa de consolider ses relations avec le Royaume-Uni sur les plans politique, diplomatique et économique.
Pour la RDC, le défi est désormais de convertir les préférences douanières et les manifestations d’intérêt des investisseurs en contrats, en financements et en projets productifs. Les travaux du Forum UK-RDC devront notamment permettre de rapprocher les entreprises des deux pays et de donner une traduction concrète à ce partenariat.
JDW

