RDC : face à la désindustrialisation, Mukoko Samba plaide pour une relance industrielle axée sur des réformes et des filières prioritaires

À l’occasion de la présentation du rapport de la Banque mondiale sur la situation économique de la République démocratique du Congo, le Vice-Premier Ministre en charge de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, a dressé un diagnostic sans détour des fragilités structurelles de l’économie congolaise, marquée notamment par une désindustrialisation persistante. Intervenant lors d’un panel dédié aux entreprises publiques, le patron de l’Économie a insisté sur l’urgence de refonder le tissu productif national à travers des réformes ambitieuses et coordonnées.

« La reconstruction de notre économie passe par une baisse significative des coûts de production », a-t-il souligné, mettant en avant plusieurs leviers essentiels : un meilleur accès à l’énergie, une réglementation plus efficace, des infrastructures logistiques performantes et un accès accru au financement.

Une économie encore peu transforméeCe plaidoyer intervient dans un contexte où la RDC, malgré ses immenses ressources naturelles, demeure caractérisée par une faible transformation locale de ses matières premières. Le secteur industriel contribue encore marginalement au produit intérieur brut, tandis que l’économie reste largement dominée par l’exportation de produits bruts, notamment miniers.

Depuis plusieurs décennies, les contraintes structurelles — déficit énergétique chronique, enclavement logistique, faiblesse du tissu entrepreneurial et accès limité au crédit — freinent l’émergence d’un secteur industriel compétitif. La situation est d’autant plus préoccupante que la croissance économique récente, tirée principalement par le secteur extractif, peine à générer suffisamment d’emplois et de valeur ajoutée locale.

Miser sur des filières prioritaires

Pour inverser cette tendance, le gouvernement congolais entend adopter une politique de compétitivité ciblée. Celle-ci repose sur l’identification de trois à cinq filières stratégiques à fort potentiel, appelées à jouer un rôle moteur dans la transformation économique du pays.

Parmi celles-ci figurent notamment l’agro-industrie et le raffinage des produits miniers, deux secteurs jugés essentiels pour accroître la valeur ajoutée locale et réduire la dépendance aux importations. L’approche retenue consiste à développer ces filières au sein de corridors économiques bien définis, permettant de concentrer les investissements publics et privés, tout en optimisant les synergies entre production, transformation et exportation.

Le rôle clé des entreprises publiques

Le choix du panel consacré aux entreprises publiques n’est pas anodin. Longtemps considérées comme des piliers potentiels de l’industrialisation, ces dernières font aujourd’hui face à des défis de gouvernance, de performance et de financement. Leur réforme apparaît comme un levier indispensable pour accompagner la relance industrielle.

Dans cette perspective, le gouvernement entend renforcer leur efficacité tout en favorisant des partenariats stratégiques avec le secteur privé, dans une logique de complémentarité et de partage des risques.

Un cap aligné sur les partenaires internationaux

Les orientations présentées par le Vice-Premier Ministre s’inscrivent dans une dynamique plus large de coopération avec les partenaires techniques et financiers, au premier rang desquels la Banque mondiale. Celle-ci plaide depuis plusieurs années pour une diversification de l’économie congolaise, afin de la rendre plus résiliente aux chocs externes, notamment ceux liés à la volatilité des cours des matières premières.

En mettant l’accent sur la transformation locale, la compétitivité et la structuration de filières, le gouvernement congolais semble ainsi vouloir amorcer un tournant décisif. Reste à traduire ces ambitions en réformes concrètes et soutenues dans le temps, condition indispensable pour inscrire durablement la RDC sur la voie de l’industrialisation.

JEK

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