Le Gouvernement de la République Démocratique du Congo et l’Initiative pour les Forêts de l’Afrique Centrale (CAFI) ont procédé, vendredi à Kinshasa, à la signature du document de projet du Programme d’Appui aux Bassins d’Approvisionnement de Kinshasa (PROBAK), en marge de la cérémonie de clôture de la deuxième édition de la Semaine Nationale du Climat (SENAC 2).
Doté d’une enveloppe de 15 millions de dollars américains, ce projet, dont le WWF assure l’exécution, constitue la seconde composante du PROBAK, programme global de 30 millions USD.
Un premier document de projet avait déjà été signé en mars 2026 entre le Gouvernement, CAFI et CFC/FERMI, pour un budget de 15 millions USD destiné à soutenir l’agriculture durable et l’agroforesterie dans le Kwango et à Nioki.
Selon la présentation faite à cette occasion, cette signature traduit « une ambition commune : démontrer qu’il est possible de concilier développement économique, amélioration des moyens de subsistance des populations, préservation des écosystèmes forestiers et lutte contre les changements climatiques ».
Le projet prévoit plus de 150 000 hectares d’intervention et près de 183 000 bénéficiaires attendus. Il soutiendra le développement de systèmes agricoles durables, la restauration des paysages dégradés, la conservation communautaire des forêts ainsi que la mise en œuvre de mécanismes de Paiements pour Services Environnementaux (PSE) bénéficiant directement aux ménages et aux communautés.
Un mécanisme national de PSE en phase de déploiement
Cette signature intervient alors que la RDC s’affirme progressivement comme l’un des pays pionniers du déploiement des PSE dans le Bassin du Congo. Les projets pilotes mis en œuvre dans le Kongo Central, l’Équateur et le Maï-Ndombe ont permis de tester les outils de gestion PSE, les mécanismes de contractualisation, les systèmes de suivi et de vérification, ainsi que les paiements basés sur les résultats, permettant désormais de passer d’une phase d’expérimentation à une phase de déploiement à grande échelle.
La Conférence internationale sur les PSE organisée à Kinshasa en 2025, puis la COP30 à Belém en novembre 2025, où la ministre Marie Nyange a officiellement lancé la phase d’investissement des PSE en RDC, ont constitué des jalons majeurs de ce processus.
« Les progrès accomplis au cours des douze derniers mois démontrent que les conditions techniques et financières sont désormais réunies pour accélérer le déploiement du mécanisme », souligne la présentation, qui évoque par ailleurs un Programme régional PSE RDC–République du Congo–République Centrafricaine. Un projet doté d’un portefeuille d’investissements de 115 millions USD en cours de développement, ainsi qu’un appui de 21 millions USD aux organisations nationales congolaises, dont 20 millions destinés au financement direct de projets portés par ces organisations.
À ce jour, onze organisations nationales ont été identifiées pour participer à cette dynamique.
Au total, douze provinces sont déjà concernées : le Maniema, le Kongo Central, l’Équateur, le Maï-Ndombe, le Haut-Uélé, le Bas-Uélé, le Sud-Ubangi, le Kwango, le Kwilu, le Kasaï, le Kasaï-Central et le Kasaï-Oriental, avec l’ambition d’étendre progressivement l’approche à l’ensemble du territoire national.
Vers l’institutionnalisation des PSE
Le Ministère de l’Environnement, Développement Durable et Nouvelle Économie du Climat envisage, à la suite de l’adoption prochaine du nouveau Code Forestier, l’élaboration d’un projet de décret spécifique visant à renforcer l’institutionnalisation du mécanisme des PSE et à assurer son ancrage durable dans l’architecture juridique et institutionnelle du pays.
« En signant aujourd’hui ce projet, nous ne lançons pas simplement une nouvelle intervention. Nous franchissons une étape décisive dans la construction d’un mécanisme national de Paiements pour Services Environnementaux capable de produire des résultats à grande échelle au bénéfice des populations congolaises, des forêts du Bassin du Congo et du climat mondial », conclut le discours.

