Le Gouvernement met en place un audit général pour assainir la paie des fonctionnaires

Le Gouvernement de la Première ministre Judith Suminwa Tuluka passe à l’action pour maîtriser l’évolution de la masse salariale de l’État. Ce jeudi, la Cheffe du Gouvernement a présidé à Kinshasa une réunion stratégique de cadrage consacrée au lancement d’un audit de l’état liquidatif de la paie des agents et fonctionnaires publics, une initiative visant à assainir durablement le système de rémunération de l’administration congolaise.

Cette démarche s’inscrit dans la droite ligne des instructions du Président de la République, Félix Tshisekedi, formulées lors de la 79ᵉ réunion du Conseil des ministres, dans un contexte marqué par les pressions croissantes exercées sur la trésorerie publique par l’augmentation de la masse salariale.

La réunion a rassemblé plusieurs membres clés de l’Exécutif, notamment les Vice-Premiers ministres en charge du Budget, de la Fonction publique et de la Défense nationale, la ministre de l’Éducation nationale, les vice-ministres du Budget et des Finances, ainsi que les responsables des principales institutions de contrôle, dont la Cour des comptes (RDC) et l’Inspection Générale des Finances.

Lancement imminent d’un audit stratégique

Au terme de la réunion, l’Inspecteur général de l’IGF, Christophe Bitasimwa, a confirmé que le processus d’audit sera lancé dans les prochains jours, sous le pilotage direct de la Première ministre.

« Le travail va bientôt démarrer et sera exécuté sous son pilotage personnel, avec la coordination de son cabinet, de l’Inspection générale des finances et de tous les services sectoriels de contrôle », a-t-il indiqué, ajoutant que l’opération impliquera également plusieurs inspections générales sectorielles – notamment celles de la Défense, de la Police, de la Fonction publique et de l’Éducation nationale – afin de produire un rapport d’audit dans un délai maximal de 30 jours.

Vérifier l’adéquation entre effectifs et masse salariale

Au cœur de cet audit : la vérification minutieuse de la chaîne de paie de l’État. L’objectif est de s’assurer que chaque salaire versé correspond effectivement à un agent régulièrement engagé et à un service réellement presté.

La commission chargée de l’exercice devra ainsi comparer les effectifs budgétaires autorisés, les effectifs administratifs réels, et les agents effectivement rémunérés par le Trésor public.

Ce travail d’examen permettra notamment de détecter d’éventuels doublons, agents fictifs, irrégularités d’engagement, écarts de liquidation ou dépassements budgétaires, autant de failles susceptibles de fragiliser la soutenabilité financière du système de paie.

Une situation sous contrôle, selon l’IGF

En attendant, malgré les inquiétudes suscitées par l’augmentation rapide de la masse salariale, les autorités financières se veulent rassurantes. Pour l’Inspecteur général de l’IGF, la situation globale demeure maîtrisée.

« Il n’y a pas d’arriérés d’un mois ou de deux mois. La paie est courante […] L’événement conjoncturel qui a entraîné l’augmentation rapide de la masse salariale fera simplement l’objet d’une vérification rapide », a précisé Christophe Bitasimwa.

Lors de la 79ᵉ réunion du Conseil des ministres, le président Félix Tshisekedi avait lui-même tenu à rappeler la portée sociale de cette démarche. Selon lui, assainir la paie ne vise pas à fragiliser les fonctionnaires régulièrement engagés, mais à protéger leur rémunération contre les dysfonctionnements administratifs et les charges indues qui menacent la stabilité du système.

Au-delà du contrôle immédiat, cet audit s’inscrit dans une stratégie plus large du Gouvernement Suminwa visant à corriger les fragilités structurelles de la gestion salariale de l’État. L’objectif est de garantir la soutenabilité budgétaire tout en sécurisant le paiement régulier des salaires, un enjeu majeur dans un pays où la fonction publique constitue un pilier essentiel de la stabilité sociale.

À travers cette initiative, l’Exécutif entend également réduire les pressions sur la trésorerie nationale et préserver le pouvoir d’achat des ménages, présenté comme le premier pilier du Programme d’actions du Gouvernement. Ainsi, l’audit annoncé ne se limite pas à un simple exercice administratif : il s’agit d’un levier stratégique pour restaurer la discipline budgétaire et renforcer la crédibilité financière de l’État.

JEK

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