Face aux tensions sur la trésorerie publique et aux incertitudes liées à la crise au Moyen-Orient, le Gouvernement congolais affine sa stratégie de stabilisation. Réuni autour de la Première Ministre Judith Suminwa Tuluka, le Comité de Conjoncture Économique (CCE) a passé au crible l’état des finances publiques, la situation monétaire et l’évolution des prix sur les marchés.
Au cœur des échanges : la régularisation du paiement des salaires, la soutenabilité de la masse salariale et les risques inflationnistes liés à un éventuel choc pétrolier.
Salaires : un enjeu de trésorerie
À l’issue de la réunion, le Vice-Premier Ministre en charge de l’Économie nationale et porte-parole du CCE, Daniel Mukoko Samba, a reconnu l’existence de décalages dans le paiement des agents publics. Selon lui, ces retards résultent d’une tension temporaire sur la trésorerie de l’État, dans un contexte marqué par la hausse continue de la masse salariale et par la pression d’autres dépenses prioritaires, notamment sécuritaires et humanitaires.
« Nous nous sommes attardés sur la situation des finances publiques, qui nécessite des mesures fortes visant à renforcer les recettes et à mieux contrôler les dépenses », a-t-il indiqué.
Le Gouvernement entend ainsi intensifier la mobilisation des recettes et rationaliser les charges afin de revenir à un paiement des salaires dans le mois, comme auparavant.
Ces ajustements s’inscrivent également dans le cadre de l’instruction du Président Félix Antoine Tshisekedi relative à l’audit de l’état liquidatif de la paie.
Risque externe : la crise au Moyen-Orient sous surveillance
Au-delà des équilibres internes, le CCE s’est penché sur les conséquences potentielles de la crise au Moyen-Orient. L’enjeu principal concerne l’approvisionnement en produits pétroliers et la stabilité des prix.
Une flambée des cours internationaux du brut pourrait exercer une pression supplémentaire sur les prix domestiques, avec des effets en chaîne sur le transport, les biens de consommation et l’inflation globale. Des mesures « urgentes » sont envisagées pour sécuriser les stocks et amortir un éventuel choc sur les marchés locaux.
Emploi : indicateurs attendus
Sur le front social, le Ministre de l’Emploi et Travail, Ferdinand Massamba, a annoncé l’inauguration prochaine d’un nouveau centre de l’Institut national de préparation professionnelle (INPP). Il a également indiqué que les données consolidées sur la création d’emplois pour les années 2023, 2024 et 2025 seront publiées d’ici la fin du mois de mars, à l’issue d’une enquête en cours.
Face à ce choc de contraintes budgétaires internes et des incertitudes géopolitiques externes, l’Exécutif congolais tente de préserver les équilibres macroéconomiques tout en sécurisant les engagements sociaux. L’équation est délicate : restaurer la fluidité de la dépense publique sans compromettre la stabilité des prix ni la soutenabilité des finances de l’État.
JDW

