RDC : le Groupe de contact des Grands Lacs appelle à un dialogue intercongolais inclusif pour une paix durable

Le Groupe de contact international pour les Grands Lacs (ICG) exprime sa vive inquiétude face à la dégradation persistante de la situation sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo, tout en appelant les acteurs congolais à privilégier un dialogue politique inclusif pour sortir durablement de la crise.

Dans une déclaration rendue publique le 5 mars, le groupe souligne sa « profonde préoccupation concernant les violations continues et récentes des cessez-le-feu dans l’est de la RDC », pourtant actés dans le cadre des Accords de Washington entériné le 4 décembre 2025 par les présidents congolais et rwandais, et de l’engagement pris à Doha le 19 juillet 2025 en faveur « d’un cessez-le-feu permanent et d’une cessation définitive des hostilités ».

Selon l’ICG, ces violations comprennent notamment « l’utilisation de drones dans des attaques militaires qui posent également un risque aigu pour les populations civiles ». Face à cette escalade, le groupe appelle les parties à « se réengager d’urgence et sans équivoque à cesser les hostilités et à retourner aux négociations ». Et d’ajouter encore, sans ambiguïté : « Il ne peut y avoir de solution militaire au conflit ».

L’ICG exhorte les parties à respecter leurs engagements internationaux, notamment ceux pris dans les accords récents et dans les résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies. Il appelle ainsi au plein respect de l’intégrité territoriale de la RDC et à l’application des obligations découlant du droit international humanitaire.

Soutien aux médiations internationales

Dans sa déclaration, l’ICG salue également les initiatives diplomatiques en cours. Il « félicite la médiation en cours menée par le médiateur désigné par l’Union africaine, Faure Gnassingbé, président du Conseil de la République du Togo », ainsi que le travail du panel de facilitateurs.

Le groupe souligne aussi « la médiation cruciale menée par les États-Unis et le Qatar », tout en saluant les efforts de coordination régionale.

Dans cette perspective, l’ICG « se félicite des efforts du ICGLR, du Qatar et de la MONUSCO visant à mettre en place un mécanisme de surveillance et de vérification du cessez-le-feu ».

Appel à un dialogue intercongolais inclusifAu-delà de la dimension sécuritaire, le groupe insiste sur la nécessité d’une solution politique impliquant les acteurs congolais eux-mêmes.

La déclaration « rappelle l’importance de créer les conditions d’un dialogue intercongolais inclusif avec toutes les principales parties prenantes congolaises – un élément nécessaire pour une paix durable en RDC ». Elle salue dans ce cadre les consultations entreprises par la Angola pour favoriser ce processus.

Accès humanitaire et protection des civils

L’ICG appelle par ailleurs les parties à respecter pleinement le droit humanitaire et à garantir un accès humanitaire sans entrave aux populations touchées par la guerre.

Le groupe note certains progrès récents, notamment la réouverture de la frontière entre la RDC et le Burundi, ainsi que l’utilisation de l’aéroport de Goma lors de la récente visite de la cheffe intérimaire de la MONUSCO et représentante spéciale du secrétaire général de l’ONU. Ces mesures pourraient conduire à « la réouverture durable de l’aéroport de Goma pour les vols humanitaires ».

La déclaration salue également les efforts visant à améliorer l’accès humanitaire après la visite de la commissaire européenne, Hadja Lahbib.

Contre les discours de haine

Enfin, l’ICG met en garde contre la montée des discours identitaires et appelle les acteurs politiques et militaires à « mettre fin aux incitations à la haine, à la discrimination ou à la violence, y compris contre les minorités rwandophones », des dérives qui « mettent gravement en danger les populations civiles et la cohésion sociale ».

Qu’est-ce que le Groupe de contact pour les Grands Lacs ?

Le Groupe de contact international pour les Grands Lacs (ICG) est un cadre informel de coordination diplomatique créé pour soutenir les efforts de paix et de stabilité dans la région des Grands Lacs africains. Il rassemble plusieurs partenaires internationaux influents impliqués dans les initiatives diplomatiques autour de la crise dans l’Est de la RDC, notamment des représentants de l’Union européenne, des États-Unis, du Royaume-Uni, de la France, de la Belgique, de l’Union africaine et des Nations unies.

À travers ses déclarations et initiatives diplomatiques, ce groupe cherche à coordonner la pression internationale et soutenir les mécanismes de médiation régionaux afin de favoriser un règlement politique durable du conflit dans l’Est de la RDC.

JDW

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