Des paramilitaires américains débarquent à Uvira, aux côtés des FARDC, selon TV5 Monde

Des contractants armés appartenant à une société militaire privée liée à Erik Prince ont été déployés dans la ville d’Uvira, dans l’est de la République démocratique du Congo, afin d’appuyer les FARDC dans la sécurisation de cette zone stratégique, selon des informations relayées par TV5 Monde et confirmées par plusieurs sources dont Reuters qui les rapporte également.

Il s’agirait de la première présence connue d’une entreprise militaire privée occidentale directement positionnée sur une ligne de front congolaise depuis le début de la guerre actuelle dans l’est du pays.

Une intervention après l’offensive du M23

Située au bord du lac Tanganyika, Uvira constitue un verrou sécuritaire majeur reliant le Sud-Kivu au Burundi. La ville avait été brièvement conquise en décembre 2025 par les rebelles du M23, mouvement accusé par Kinshasa d’être soutenu par le Rwanda.

Sous forte pression diplomatique américaine, les insurgés s’étaient retirés quelques jours plus tard, mais des combats sporadiques se poursuivaient dans les collines environnantes.

C’est dans ce contexte qu’un groupe de paramilitaires, appartenant à une structure sécuritaire dirigée par Erik Prince — fondateur de Blackwater — aurait été engagé pour soutenir la reprise et la stabilisation de la zone. Les hommes auraient notamment utilisé des drones tactiques pour la surveillance et la sécurisation du périmètre urbain, indiquent des sources américaines et européennes relayées par TV5 Monde et Reuters.

Coordination avec des conseillers étrangers

Ces sources font savoir que ces opérateurs auraient agi en coordination avec des instructeurs militaires israéliens chargés de former deux bataillons de forces spéciales congolaises. Officiellement, leur mandat se limiterait à la formation et non à l’engagement direct.

Ni les autorités israéliennes ni l’entourage d’Erik Prince, et moins encore les officiels congolais, n’ont encore commenté ces informations.

L’ombre de l’accord « minerais contre sécurité »

Cette intervention de paramilitaires privés américains s’inscrirait dans le cadre plus large d’arrangements sécuritaires négociés après la crise de décembre 2025. Des sources congolaises évoquent un dispositif « conforme à l’accord minéraux contre sécurité » conclu sous médiation américaine.

Washington chercherait ainsi à stabiliser durablement la région tout en sécurisant l’accès aux ressources stratégiques — coltan, tantale et lithium — dont regorge la province du Sud-Kivu.

Après la reprise d’Uvira, les contractants américains auraient quitté la ligne de front pour reprendre leurs missions initiales : la protection de sites miniers et l’appui à la collecte fiscale dans les zones d’exploitation.

Privatisation croissante du conflit

Cette séquence illustre l’internationalisation accélérée de la guerre dans l’est congolais. Aux groupes armés locaux et aux armées régionales s’ajoutent désormais sociétés militaires privées, instructeurs étrangers et intérêts économiques internationaux. Ce qui, du reste, n’est pas la première fois car Kinshasa a déjà eu à utiliser des mercenaires européens qui avaient été neutralisés lors de la prise de la ville de Goma.

Pour plusieurs analystes sécuritaires, cette évolution marque une mutation du conflit : d’une guerre de rébellion territoriale vers une guerre de sécurisation des ressources.

Dans une région où les minerais stratégiques alimentent depuis trois décennies rivalités armées et tensions géopolitiques, la présence de contractants étrangers armés consacre un changement d’échelle — et confirme que la bataille de l’est congolais se joue désormais autant dans les capitales étrangères que sur les collines du Kivu.

JEK

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