Grand Bandundu : Le Gouvernement revendique la pacification de 72 villages jadis occupés par les Mobondo

Le gouvernement affirme avoir obtenu des avancées significatives dans la pacification du Grand Bandundu, théâtre depuis 2022 de violences liées au conflit entre Teke et Yaka et à l’activisme de la milice Mobondo. Selon le ministre délégué près le ministre de la Défense nationale chargé des Anciens combattants, Éliezer Ntambwe Mposhi, 72 villages jadis occupés par les groupes armés ont été pacifiés dans le triangle Grand Bandundu-Kongo Central-Kinshasa.

Il a livré ces chiffres lundi 17 août à Kinshasa, lors d’un briefing de presse animé par le ministre de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya.

Selon Eliezer Ntambwe, cette évolution repose notamment sur les opérations de sensibilisation et de récupération des combattants menées dans plusieurs zones, dont Maluku, N’sele, Kwamouth et différents villages du Bandundu.

Le ministre a indiqué que 596 ex-combattants avaient été acheminés à Kanyama Kasese, dans le Grand Katanga, dans le cadre du processus de désarmement et de réinsertion. D’autres anciens combattants restent cantonnés dans différents sites.

Pour lui, la priorité est désormais d’obtenir la sortie volontaire de ceux qui se trouvent encore dans les forêts. « La brousse est une prison à ciel ouvert », a-t-il résumé, précisant que sa mission porte sur la sensibilisation, la démobilisation et la réinsertion, et non sur les arrestations.

Le désarmement au cœur du processus

Le volet sécuritaire comprend également le désarmement. Le ministre a fait état de 146 armes déjà remises au vice-Premier ministre chargé de la Défense nationale, alors que d’autres armes récupérées doivent encore être officiellement transférées.

En parallèle, les enquêtes destinées à identifier les éventuels commanditaires ou auteurs des atrocités se poursuivent.

Éliezer Ntambwe a refusé de tirer des conclusions avant la fin de ces investigations, dont les résultats doivent être transmis aux autorités judiciaires compétentes. Il a également écarté l’idée selon laquelle les Mobondo seraient essentiellement composés d’anciens militaires démobilisés, tout en reconnaissant que certains ont pu rejoindre le mouvement.

Au-delà de la sécurisation, le gouvernement entend s’attaquer aux causes du conflit. Éliezer Ntambwe estime que la crise ne devrait pas être réduite à un simple affrontement communautaire entre Teke et Yaka, privilégiant la qualification de « conflit foncier ».

Cette lecture implique, selon lui, que le retour durable de la paix passe aussi par le règlement des différends liés à la terre et par le dialogue entre les communautés. Le gouvernement envisage ainsi l’organisation d’un forum destiné à poursuivre les discussions dans les zones concernées.

Patrick Muyaya a, pour sa part, évoqué la possibilité d’organiser à l’avenir un briefing directement dans les espaces affectés, notamment chez les Bayaka et les Bateke, sous réserve des conditions sécuritaires.

Réinsertion et restauration durable de l’autorité de l’État

Le briefing a enfin permis au ministre délégué de présenter les mesures envisagées en faveur des anciens combattants. Il a notamment évoqué leur identification, la sécurisation de leurs biens, des initiatives sociales, l’accès aux soins et le projet de loi portant statut et protection des anciens combattants, déjà déclaré recevable par l’Assemblée nationale.

Le texte prévoit notamment une meilleure prise en charge de cette catégorie et la reconnaissance de ses droits. Pour le gouvernement, cette démarche s’inscrit dans une vision plus large de la consolidation de la paix : transformer les redditions en réinsertion, les villages pacifiés en espaces durablement sécurisés et le retour de l’autorité de l’État en une présence effective et pérenne.

Yanel Manu

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