Dans un communiqué publié le 16 octobre 2026, la Direction générale de la Radio-Télévision nationale congolaise (RTNC) dénonce l’instrumentalisation d’une remise de matériel audiovisuel à sa station provinciale de Goma par les forces d’occupation qu’elle présente comme inféodées au régime de Kigali. Elle récuse toute interprétation pouvant accréditer une adhésion du média public à l’occupation et alerte sur les intimidations et les menaces auxquelles ses agents seraient exposés.
Dans son communiqué, elle dénonce « l’instrumentalisation de cette opération à des fins de propagande », estimant que celle-ci vise à semer la confusion dans l’opinion nationale et internationale et à donner une apparence de légitimité à l’occupation.
L’institution publique tient à lever toute ambiguïté sur la portée de cette opération. « Cette mise en scène ne saurait être interprétée comme une adhésion ou une quelconque caution de la RTNC aux forces d’occupation », précise-t-elle.
La direction générale attire également l’attention sur la situation des agents de la station de Goma, dont les conditions de travail doivent, selon elle, être appréciées au regard des « intimidations et menaces auxquelles ils sont quotidiennement exposés ».
Se définissant comme un « média public au service de la Nation et financé par les contribuables congolais », la RTNC réaffirme son attachement à la République, à la souveraineté nationale et à l’intégrité territoriale de la République démocratique du Congo. Elle souligne, en conséquence, qu’elle « ne saurait être utilisée pour légitimer une occupation ou servir une entreprise de propagande dirigée contre le pays ».
Le communiqué s’achève par un appel à la vigilance adressé à la population congolaise face aux tentatives de manipulation de l’information dans le contexte de guerre.
La bataille de l’information en arrière-plan
Cette mise au point de la RTNC intervient dans un contexte où la maîtrise de l’information constitue un enjeu majeur du conflit dans l’Est de la RDC. Au-delà de la remise de matériel audiovisuel, la controverse porte sur la signification politique susceptible d’être attribuée aux images d’une opération impliquant une institution publique congolaise dans une ville sous occupation.
En dénonçant leur exploitation à des fins de propagande, la direction générale entend empêcher que cette séquence soit présentée comme un signe de rapprochement, de coopération ou de reconnaissance de l’autorité qui contrôle la ville. Elle insiste sur la distinction entre l’institution nationale et les conditions dans lesquelles ses agents poursuivent leurs activités à Goma.
La référence aux menaces et aux intimidations est, à cet égard, déterminante. Elle rappelle que la présence d’agents publics dans une zone contrôlée par des forces armées ne signifie pas nécessairement qu’ils disposent d’une liberté d’action leur permettant de choisir les conditions dans lesquelles ils travaillent ou apparaissent publiquement.
JDW

