En marge du 39e Sommet ordinaire de Union africaine, les dirigeants du continent ont tenu, vendredi 13 février 2026, la réunion inaugurale du Comité des chefs d’État et de gouvernement chargé de la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF). La rencontre, présidée par le chef de l’État kényan William Ruto, s’est déroulée à Addis-Abeba en présence des représentants des différentes régions africaines, dont la République démocratique du Congo.

Kinshasa était représentée par le ministre du Commerce extérieur Julien Paluku Kahongya, mandaté par le président Félix Tshisekedi Tshilombo.
Un engagement renforcé pour un marché continental unique
À l’issue de la session inaugurale, les chefs d’État et de gouvernement ont convenu d’accélérer l’application effective de la ZLECAF, présentée comme la principale architecture d’intégration économique africaine. Le projet vise la création d’un marché unique continental et la promotion du commerce intra-africain, encore limité par rapport aux échanges extérieurs.
Les pays membres sont ainsi appelés à adopter des politiques publiques structurantes dans les secteurs du commerce, de l’agriculture, de l’industrie, de l’énergie et des infrastructures afin de faciliter la circulation des biens et services à travers le continent.
La position de la RDC : pragmatisme et approche transversale
Au nom de Kinshasa, Julien Paluku Kahongya a plaidé pour une implication coordonnée des ministères sectoriels, notamment le Commerce extérieur et les Finances, dans une approche transversale et inclusive. Il a également insisté sur la nécessité d’un « pragmatisme économique » face aux inquiétudes liées à une éventuelle baisse immédiate des recettes douanières.
Selon lui, les pertes à court terme doivent être relativisées au regard des gains structurels attendus à court, moyen et long terme, en s’inspirant d’expériences d’intégration comme l’Union européenne ou le MERCOSUR.
Un comité stratégique pour piloter la mise en œuvre
Créé lors du 37e sommet ordinaire de l’Union africaine en février 2024, le Comité des chefs d’État chargé de la ZLECAF regroupe dix dirigeants représentant les cinq régions du continent. Il a pour mission d’exécuter les mandats de l’Assemblée, de résoudre les négociations en suspens, de superviser l’application des accords commerciaux et d’anticiper les évolutions politiques et socio-économiques susceptibles d’affecter la viabilité de la zone.
L’organe devra également examiner les dossiers soumis par le Conseil des ministres du Commerce extérieur et mobiliser les ressources nécessaires pour accélérer la mise en œuvre effective de l’accord.
Le sommet de l’Union africaine se poursuit ce samedi dans la capitale éthiopienne, avec l’intégration économique africaine au cœur des priorités diplomatiques du continent.
JDW

