Consultations de Luanda pour le dialogue inclusif : Voici le ballet auprès de João Lourenço

Luanda continue d’être le centre névralgique d’un intense ballet politique autour du dialogue politique inclusif que l’Union africaine, sous la houlette de son président en exercice João Lourenço, souhaite voir émerger pour la République démocratique du Congo.

Depuis plusieurs semaines, le président angolais multiplie les consultations, recevant une série de personnalités congolaises de premier plan ainsi que des organisations ecclésiales clés, dans une séquence diplomatique qui redessine progressivement les contours d’un futur cadre politique.

Voici le point complet sur les visiteurs déjà entendus à Luanda et les premiers enseignements qui se dégagent.

Mbusa Nyamwisi : l’un des premiers reçus

Le président angolais a reçu Antipas Mbusa Nyamwisi, acteur politique influent du Nord-Kivu, ancien ministre et figure incontournable dans les dynamiques de paix à l’est du pays.

Une visite qui a permis de sonder les attentes et les réserves d’un leader connu pour ses positions tranchées sur la nécessité d’un compromis national.

Moïse Katumbi : trois jours de séjour à Luanda

Le président d’Ensemble pour la République, Moïse Katumbi, a séjourné trois jours à Luanda. Cette durée inhabituelle en dit long sur l’importance stratégique que le président angolais accorde à ce poids lourd de l’opposition, dont le positionnement pèsera inévitablement sur la légitimité et l’architecture du futur dialogue.

Selon plusieurs sources, Katumbi a pu articuler sa vision d’un processus réellement inclusif, transparent et crédible, tout en mettant en garde contre les risques de duplication et de confusion entre les différentes médiations parallèles.

“Sauvons la RDC” : Tshibanda et Nyarugabo également reçus

La plateforme “Sauvons la RDC”, coalition politique favorable à Joseph Kabila et initiée à Nairobi, a également été représentée à Luanda. Raymond Tshibanda et Moïse Nyarugabo, deux proches de l’ancien président, ont été reçus pour présenter la lecture de leur camp sur la crise sécuritaire, la gouvernance actuelle et les conditions d’un dialogue qu’ils souhaitent “cohérent, coordonné et politiquement sincère”.

CENCO et ECC : les poids lourds religieux du processus

Les leaders religieux de la CENCO et de l’ECC ont eux aussi été reçus par João Lourenço, confirmant le rôle incontournable des Églises dans la structuration de la démarche actuelle.

Les deux confessions avaient déjà mené l’année dernière une vaste consultation nationale ayant abouti à un projet de Pacte social pour la paix, document transmis à la Présidence congolaise et soumis ensuite à l’analyse des autres confessions, dont l’ERC.

À Luanda, après l’audience présidentielle, les prélats ont tenu une séance de travail approfondie avec les collaborateurs du chef d’État angolais, probablement autour de ce Pacte social devenu une référence dans les discussions.

Joseph Kabila : présence confirmée, et rectification nécessaire

La présence de Joseph Kabila à Luanda a également été confirmée. L’ancien président congolais a été reçu le 21 décembre 2025, soit une semaine après le premier séjour de Félix Tshisekedi, intervenu le 14 décembre.

À ce sujet, Congo Guardian doit des excuses à ses fidèles lecteurs.

Dans un précédent article, “Kabila, Fantomas à Luanda”, notre rédaction avait mis en doute l’information faisant état de ce déplacement. Cette correction s’impose : Kabila s’est bel et bien rendu à Luanda, et notre méprise relève des aléas habituels du métier, où la fiabilité des sources — malgré toutes les vérifications — reste parfois mise à rude épreuve.

Un ballet qui s’intensifie autour de João Lourenço

L’ensemble de ces consultations révèle plusieurs constantes : Lourenço prend la main. Comme président de l’Union africaine, il entend structurer un cadre continental crédible pour sortir la RDC de l’impasse.

Une méthode progressive : écouter séparément les forces politiques, les groupes influents et les institutions morales avant de rapprocher les positions.

Une volonté d’éviter les chevauchements diplomatiques : en intégrant les préoccupations de Doha, de Washington et des Églises congolaises.

Peu à peu, une cartographie politique se dessine autour de la table que Luanda souhaite installer : les modérés, les républicains, les radicaux, l’opposition armée, les églises, les anciens présidents, et les poids lourds de l’opposition institutionnelle.

Vers une phase décisive : prolongement des consultations à Kinshasa

Avec tous ces signaux, une conclusion s’impose : le dialogue politique inclusif préparé à Luanda entre dans une phase avancée, même si le calendrier officiel n’est pas encore annoncé. Le ballet diplomatique se poursuit, et chaque visite éclaire un peu plus la structure du processus à venir.

João Lourenço, en stratège patient, assemble pièce après pièce le puzzle d’une future médiation africaine susceptible d’infléchir durablement la trajectoire politique de la RDC.

Et pour élargir la consultation, une délégation angolaise est arrivée à Kinshasa, sous la conduite de Tete Antonio, Ministre des relations extérieurs, qui a été reçu par le Chef de l’État. La délégation angolaise doit avoir des consultations avec les forces politiques et sociales locales, notamment l’Union sacrée, les partis d’opposition et des représentants de la société civile.

JDW

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