Les suites des préparatifs du dialogue inclusif : João Lourenço reçoit la CENCO

Luanda poursuit sa montée en puissance diplomatique dans le dossier congolais. Ce mercredi, une délégation de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) a été reçue par le président angolais João Lourenço, dans le cadre de sa facilitation visant la tenue prochaine d’un dialogue politique inclusif entre Congolais.

Une étape majeure dans un processus qui s’accélère et qui, désormais, reconnaît les Églises au cœur des dynamiques de paix.

La CENCO, reçue au plus haut niveau

La rencontre s’est tenue au Palais présidentiel de Luanda, où le chef de l’État angolais a échangé avec les prélats congolais sur l’évolution des travaux préparatoires du dialogue. Selon des sources proches du dossier, João Lourenço souhaitait entendre directement la CENCO sur l’état d’esprit des forces vives congolaises, mais également sur les balises éthiques et institutionnelles à intégrer dans le futur cadre de concertation.

À l’issue de l’audience, la délégation épiscopale a poursuivi sa mission en tenant une séance de travail approfondie avec les collaborateurs du président angolais. Une discussion qui a vraisemblablement porté sur le projet de Pacte social pour la paix, document majeur élaboré l’an dernier par la CENCO et l’Église du Christ au Congo (ECC) après une vaste consultation nationale.

La CENCO, poids lourd incontournable du processus

Dans cette séquence cruciale, la CENCO s’impose plus que jamais comme l’un des poids lourds des négociations. Depuis plus d’un an, elle travaille main dans la main avec l’ECC pour ramener les acteurs congolais autour d’un cadre de discussion crédible et structuré.

Ce travail de fond, longtemps ignoré par certains acteurs politiques, trouve aujourd’hui un écho à Luanda : la médiation angolaise intègre désormais ces contributions ecclésiales comme l’un des piliers du futur dialogue.

Un rôle historique, mais une relation toujours orageuse avec Kinshasa

Comme souvent dans l’histoire politique tumultueuse de la RDC — de Mobutu à Joseph Kabila en passant par Laurent-Désiré Kabila — la CENCO apparaît à la fois comme un artisan incontournable de stabilité et un contre-pouvoir redouté. Sa relation avec les autorités de Kinshasa reste particulièrement orageuse.

Les positions fermes de l’épiscopat, ses critiques répétées de la gouvernance et son influence morale auprès de la population font d’elle un acteur souvent perçu comme dérangeant par le pouvoir. Mais cette tension n’a jamais empêché la CENCO d’être présente à toutes les grandes bifurcations politiques du pays.

Aujourd’hui encore, en tant que co-génitrice du Pacte social pour la paix, elle porte un poids institutionnel et moral que nul acteur congolais ne peut ignorer.

Luanda, nouveau centre de gravité

L’accueil réservé par João Lourenço aux évêques congolais confirme l’ambition du président angolais : structurer un cadre de dialogue réellement inclusif, où les forces politiques, la société civile, les groupes armés et désormais les Églises trouvent chacun leur place.

Le geste ne passe pas inaperçu : dans la perspective du futur dialogue, la CENCO est désormais installée au centre de la médiation, avec l’ECC, comme l’un des moteurs de la transition vers un accord politique majeur. Les prochains jours diront si cette dynamique ouverte à Luanda permettra de déboucher sur un processus stable et crédible.

Une chose est certaine : avec l’entrée en scène de la CENCO au plus haut niveau, les préparatifs du dialogue viennent de franchir un seuil décisif.

JDW

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