Le Gouvernement congolais a rejette avec véhémence l’initiative de médiation lancée par l’ancien président sud-africain Thabo Mbeki, qui voulait réunir en Afrique du Sud les figures politiques majeures de la RDC, notamment Joseph Kabila et Moïse Katumbi. Les autorités — Gouvernement, Présidence, Sénat, Assemblée nationale — ont toutes décliné l’invitation.
« Nous sommes engagés sur trois pistes crédibles : Doha, Washington et l’initiative interne des confessions religieuses (CENCO-ECC). Nous n’avons pas besoin d’une piste supplémentaire, surtout pas d’une initiative improvisée », a martelé Patrick Muyaya, porte-parole du Gouvernement. Il a souligné qu’il s’agissait d’« une initiative informelle qui ne peut nullement nous intéresser », rappelant que la crise est avant tout sécuritaire, non politique, et est déjà prise en charge par les processus en cours.
Thabo Mbeki cité et contesté
Dans une intervention publique il y a quelques mois, Thabo Mbeki avait affirmé, selon les sources, que : « The government in Kinshasa has not properly understood the Congo, its challenges, and how to provide the right solutions » (Le gouvernement dans la capitale n’a pas correctement compris le Congo, ses défis, ni comment apporter les bonnes solutions). Il avait ajouté : « Kinshasa must talk to M23. … The solution to the Congolese problem does not lie in Kigali ; it lies in Kinshasa » (Kinshasa doit dialoguer avec le M23. La solution au problème congolais ne se trouve pas à Kigali, mais à Kinshasa).
Pour Kinshasa, ces propos sont inacceptables : Mbeki est accusé de minimiser la dimension sécuritaire de la crise et de prôner un dialogue avec un groupe armé — une attitude jugée complaisante envers les rebelles.
Kinshasa répond et durcit le ton
Kinshasa voit dans cette invitation de Mbeki une tentative de redéfinir le cadre de négociation, en accordant une légitimité morale à des groupes qui violent le territoire national. Le Gouvernement insiste sur : la supériorité des mécanismes existants — Doha, Washington, CENCO-ECC — à toute initiative externe ; le caractère inopportun de cette médiation informelle, surtout quand elle semble alignée avec des discours qui affaiblissent la souveraineté nationale, et sur l’impérieuse nécessité de préserver la sécurité, non de la compromettre en normalisant des protagonistes armés.
Par sa position, Kinshasa fait clairement savoir qu’elle refuse toute conférence parallèle qui pourrait subvertir sa stratégie de restauration de la paix. En citant Thabo Mbeki, le Gouvernement congolais met en lumière ce qu’il perçoit comme une méconnaissance, voire une légitimation dangereuse du M23.
La diplomatie officielle, selon Kinshasa, repose déjà sur des canaux valides et formels — elle rejette toute médiation qu’elle juge “fantôme”.
JDW

