À peine nommé à la tête du ministère des Infrastructures et Travaux Publics (ITP), John Banza Lunda impose déjà son style. Pragmatique, incisif et résolument proche du terrain, le nouveau patron des grands chantiers du pays a fait, en seulement quelques semaines, ce que certains peinent à accomplir en plusieurs mois : se rendre visible là où les Congolais l’attendaient le plus — sur les routes, les rocades, les ponts et les sites à haut risque.

Depuis sa prise de fonction le 12 août dernier, ce fils de la Gombe est devenu un véritable globe-trotter ministériel. De Kinshasa à Nkamba, en passant par Mbanza-Ngungu, John Banza a enchaîné descentes de terrain et inspections surprises. Son credo : ne pas gouverner depuis un bureau, mais mettre ses bottes sur le terrain.
Et au finish, le nouveau ministre des ITP s’impose comme un ministre botté, toujours sur le terrain, multipliant descentes et inspections pour donner vie aux grands chantiers de la République.
Une arrivée tonitruante : du bureau aux chantiers en un éclair

Dès la cérémonie de remise et reprise le 12 août, Banza a promis rigueur, transparence et efficacité. Moins de 48 heures plus tard, il était déjà sur les rocades de Kinshasa — ces artères stratégiques censées désengorger la capitale. Là, il a inspecté la qualité du terrassement, des couches de fondation et des talus, saluant une avancée jugée satisfaisante et promettant d’accélérer le calendrier.
L’homme a surpris par sa capacité à maîtriser les détails techniques : il a discuté directement avec les ingénieurs de l’ACGT et des entreprises partenaires, exigeant une coordination serrée pour réduire les délais. Selon ses observations, certains tronçons pourraient être livrés avant la date prévue, un scénario inédit dans ce secteur souvent critiqué pour sa lenteur.

Mitendi : priorité aux populations affectées
Le 19 août, c’est à Mitendi, dans la commune de Mont-Ngafula, qu’il a marqué un point fort de sa stratégie sociale. Il a personnellement lancé l’opération d’indemnisation des familles expropriées pour la construction des rocades. Plus de 650 ménages ont déjà perçu leurs compensations, un geste rare qui souligne sa volonté d’humaniser les travaux publics.
Route de la Passion : un chantier à haute valeur symbolique
Quelques jours plus tard, direction le Kongo-Central, où John Banza a inspecté la Route de la Passion : un tronçon de 52 kilomètres reliant Mbanza-Ngungu à Nkamba, haut lieu spirituel du kimbanguisme. Cette route, longtemps attendue, est plus qu’un simple chantier routier : elle incarne un projet de désenclavement et de valorisation du patrimoine religieux et culturel.
« Cette route doit être livrée dans des délais record. Il y va de l’image du pays et du respect de nos engagements envers les communautés », a martelé le ministre.
Un œil sur Kinshasa : lutte contre l’érosion
À Kinshasa, Banza ne s’est pas contenté des rocades. Il a multiplié des visites sur les sites érosifs comme Zamba Ndangi, Ngaliema ou Kimbaseke, où des habitations menacent de s’effondrer. Son objectif : coordonner des interventions rapides pour sécuriser les populations et planifier un budget d’urgence.
Ces descentes, parfois inopinées, montrent un ministre qui ne veut rien laisser au hasard.
Projets ambitieux et planification stratégique
Mais ce n’est pas tout. Au-delà de ses premières visites, John Banza a annoncé plusieurs chantiers structurants :
- Installation de plus de 350 ponts modulaires pour relier les zones enclavées ;
- Modernisation de la RN1 et des axes stratégiques reliant les provinces aux pays voisins ;
- Lancement d’un port sec à Kikoyo-Mwabesa pour dynamiser le commerce transfrontalier ;
- Construction d’un nouveau siège ministériel de 10 étages pour améliorer la gouvernance sectorielle.
Ces annonces ne sont pas de simples promesses : chacune est déjà en phase d’étude ou de contractualisation, avec un suivi rapproché du ministre.
La “méthode Banza” : voir, contrôler, livrer
Ce qui frappe dans ce début de mandat, c’est la cadence. John Banza multiplie les réunions sur le terrain plutôt qu’au bureau. Ingénieurs, entreprises, responsables provinciaux : tous témoignent d’une pression accrue pour livrer vite et bien. La « méthode Banza », c’est celle d’un homme pragmatique et présent sur le terrain, qui entend redonner confiance aux Congolais dans la capacité de l’État à transformer leurs routes et leurs villes.
Les 100 premiers jours s’annoncent historiques
Si le rythme actuel se maintient, les 100 premiers jours de John Banza pourraient marquer une rupture dans la manière de gérer les infrastructures en RDC. Plutôt que d’empiler des plans, il mise sur l’exécution.
Arvec des visites quasi quotidiennes, des décisions rapides et des engagements publics, le nouveau ministre, toujours en bras-de-chemise, se positionne comme le visage d’une nouvelle gouvernance des travaux publics : exigeante, visible et centrée sur les résultats.
Les Congolais, longtemps habitués à des promesses non tenues, pourraient bien voir un nouveau chapitre s’ouvrir : celui d’un ministère des Travaux publics qui livre enfin.
Jonas Eugène Kota

