« Coup d’État manqué » du 19 mai ou « nuit de cristal » version congolaise

Par Omer Nsongo Die Lema

La « haïtisation » de la RDC est à arrêter le plus rapidement possible. Peu importe ce qui s’est passé autour du décès de Chérubin Okende : malgré le verdict de l’organe de la loi, l’histoire retiendra, selon les avocats de la victime, que cet acteur politique avait été tué le 13 juillet 2023. Et voilà que le dimanche 19 mai 2024, le pays aurait pu enregistrer un nouvel assassinat en la personne de Vital Kamerhe. Mieux, à en croire les premiers éléments recueillis par la sûreté militaire, on aurait pu avoir une  « Nuit de Cristal » version congolaise avec deux autres assassinats, l’un visant la Première ministre Judith Tuluka Suminwa dont les assaillants n’ont pas su localiser la résidence (sic), l’autre le VPM Jean-Pierre Bemba absent de la sienne (resic). Et si Christian Malanga et sa bande avaient trouvé Félix Tshisekedi dans son bureau de travail au Palais de la Nation, eh bien ce serait l’hécatombe citée dans la Bible en Exode 11:6 à la suite de la mort de tous les premiers nés :  » Il y aura dans tout le pays d’Egypte de grands cris, tels qu’il n’y en a point eu et qu’il n’y en aura plus de semblables ». Puisse l’Eternel nous en épargner !

ON FERAIT LE LIT DE LA BALKANISATION. LA VRAIE !

Effectivement, la suite des évènements, si Vital Kamerhe avait été assassiné le jour de la Pentecôte, aurait rappelé aux Congolais les Martyrs de la Pentecôte, nom donné au stade construit sur le lieu même où Mobutu fit pendre le 1er juin 1966, en accord avec ses collaborateurs, Evariste Kimba, Jérôme Anani, Emmanuel Bamba et Alexandre Mahamba.

Dans le contexte actuel, l’assassinat de VK aurait eu des répercussions terribles dans l’Espace Kivu.

Ils n’en ont certainement pas conscience, mais nos fascinants  « distributeurs et retireurs » des nationalités, qui empoisonnent le fonctionnement des institutions publiques non sans piéger le vivre-ensemble, sont libres d’en déduire qu’il n’en sera rien. Pourtant, ils sont censés le savoir : tout pourrait arriver en ce que pareil crime ne laisserait pas de marbre les ressortissants du Grand Kivu.

On aura juste de quoi détourner l’attention et la colère des Congolais sur le Rwanda de Paul Kagame.

Dans le même registre, l’assassinat projeté de Jean-Pierre Bemba produirait un séisme à l’Equateur, tout comme celui de Judith Tuluka au Kongo Central.

Le bouquet final serait l’assassinat de Félix Tshisekedi. Les effets seraient terribles dans l’Espace Kasaï !

Dans le contexte actuel, on ferait le lit de la balkanisation. La vraie.

« QUE LES ARMES CÈDENT À LA TOGE »

Quelqu’un objecterait en rappelant celui de Laurent-Désiré Kabila ! Son assassinat le 16 janvier 2001 n’avait pas soulevé des vagues dans l’Espace Katanga.

Il lui serait fait remarquer illico que le contexte est maintenant différent, la menace de namkanisation ayant pris corps.

Aujourd’hui, le pays vit la pire des formes de balkanisation qui soient : le tribalisme. Même pas l’ethnotribalisme.

Ainsi, pour la gestion de la Res Publica, les uns pensent tribu, les autres carrément famille élargie, voire restreinte.

Le blocage de la composition du Bureau définitif de l’Assemblée nationale en est l’effet pervers.

Résultat, le Congo (s)’étouffe, s’étrangle, se tue à cause de la volonté délibérée d’une partie importante de la classe politique de retarder l’installation d’autres Institutions de la République. 

Moralité : il faut décompresser, déstresser avant d’entreprendre l’initiative du salut : la refondation !

Autrement, non connue des générations actuelles, la « congolisation » des années 1960  renvoie à la « haïtisation ».

Comme par coïncidence, le Kenya a reçu du Conseil de sécurité des Nations Unies, avec l’appui de l’Administration Biden, les moyens de dépêcher sa police à Haïti pour restaurer l’ordre public troublé par des groupes armés. Ce même Kenya qui venait de déployer le premier ses troupes en RDC dans le cadre de l’Eac pour combattre le M23.

Voilà ce qui pourrait arriver au pays en cas d’assassinat d’une haute personnalité politique.

Alors, message clair aux va-t-en-guerre de tous les camps : « Cedant arma togae » ou «Que les armes cèdent à la toge » pour les uns, «L’épée le cède à la toge », pour les autres. Car, avec la  » haïtisation « , il va falloir faire des adieux à tous les programmes de développement, à tous les projets d’infrastructures pour le pays…

Omer Nsongo die Lema

(Titre original modifié par la rédaction)

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