Le président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo a lancé, mardi 25 août 2026 au Beach Ngobila, la grande campagne nationale de balisage du fleuve Congo et de la rivière Kasaï, une opération présentée comme un levier majeur pour sécuriser la navigation et renforcer la chaîne logistique nationale.

La cérémonie s’est déroulée en présence du Vice-Premier Ministre, ministre des Transports, Voies de Communication et Désenclavement, Jean-Pierre Bemba, ainsi que de plusieurs hauts responsables, parmi lesquels le président de l’Assemblée nationale, Aimé Boji Sangara, le Vice-Premier Ministre, ministre du Budget, Adolphe Muzito, la ministre du Portefeuille, Julie Shiku, et le directeur général de la Régie des Voies Fluviales (RVF), Daniel Lwaboshi.
Renforcer les capacités opérationnelles
Au-delà du lancement symbolique de la campagne de balisage, la cérémonie a été marquée par la mise en service et la remise de nouveaux équipements destinés aux principaux acteurs du transport fluvial. La Régie des Voies Fluviales bénéficie ainsi de deux baliseurs, des équipements essentiels pour améliorer la signalisation et la sécurisation des itinéraires navigables.
Une péniche métallique d’une capacité de 98 passagers a également été livrée à l’ONATRA.
Pour sa part, l’ONATRA dispose désormais d’un bateau pousseur et de cinq canots, tandis que le ministère des Transports, Voies de Communication et Désenclavement renforce également son parc avec quatre bateaux pousseurs et vingt canots rapides.
À travers ces acquisitions, l’exécutif congolais entend agir simultanément sur plusieurs maillons de la mobilité fluviale : la sécurité de la navigation, la capacité d’intervention, le transport des passagers et des marchandises, mais aussi la desserte des zones difficilement accessibles par route ou par rail.
Le fleuve comme infrastructure économique
Pour la RDC, dont une grande partie du territoire est parcourue par un réseau hydrographique exceptionnel, la modernisation du transport fluvial constitue un enjeu qui dépasse largement la seule question de la mobilité.
Le fleuve Congo constitue l’une des principales artères économiques naturelles de la RDC. Il traverse ou dessert de vastes espaces du pays et offre, avec ses affluents et les différents axes navigables qui lui sont connectés, un potentiel considérable pour l’acheminement des produits agricoles, des biens de consommation, des équipements et des matières premières.
La rivière Kasaï occupe, dans ce dispositif, une position stratégique : son bassin couvre une importante partie du centre et du sud-ouest du pays et constitue un axe susceptible de relier davantage les zones de production aux marchés et aux grands centres urbains.
Dans un pays où l’immensité du territoire et l’état inégal des infrastructures terrestres renchérissent parfois le coût de la circulation des marchandises, le transport fluvial peut jouer un rôle déterminant dans la réduction des coûts logistiques. Une meilleure navigabilité du Congo et du Kasaï peut ainsi favoriser les échanges interprovinciaux, soutenir l’agriculture et le commerce local, améliorer l’approvisionnement des populations et renforcer l’intégration économique des territoires.
L’enjeu est donc aussi de faire du réseau hydrographique congolais un véritable corridor économique intérieur.
Le fleuve Congo et ses affluents représentent en effet des corridors naturels susceptibles de soutenir les échanges entre plusieurs bassins économiques du pays. Leur meilleure exploitation peut contribuer à réduire l’isolement de certaines zones, fluidifier l’acheminement des marchandises et offrir une alternative aux corridors terrestres lorsque ceux-ci présentent des contraintes de capacité ou d’accessibilité.
Dans cette perspective, le balisage apparaît comme une infrastructure économique à part entière. Une voie navigable mieux signalée et plus sûre permet de réduire les risques d’accidents, d’améliorer la régularité des rotations et de créer de meilleures conditions pour le développement du transport commercial.
L’ambition affichée par les autorités est donc de faire du réseau fluvial un instrument plus performant du désenclavement national, en rapprochant les centres de production et de consommation et en facilitant la circulation des personnes et des biens.
Une locomotive neuve pour l’ONATRA
La séquence s’est poursuivie avec une visite présidentielle de la locomotive neuve « 1501 », acquise sur fonds propres de la République au bénéfice de l’ONATRA. Cette acquisition élargit la portée de l’investissement engagé dans le secteur des transports. Elle illustre une volonté de renforcer non seulement la composante fluviale, mais également les capacités ferroviaires de l’opérateur public.
La combinaison des investissements dans les voies navigables, les équipements fluviaux et le rail traduit ainsi une approche plus intégrée des infrastructures de transport.
Pour la RDC, l’enjeu consiste désormais à transformer ces moyens supplémentaires en capacité réelle de desserte, avec une exploitation régulière, une maintenance durable des équipements et une meilleure articulation entre les différents modes de transport.
Le lancement de cette campagne de balisage marque, à cet égard, une nouvelle étape dans la stratégie de modernisation du transport congolais. L’objectif est de faire des voies navigables et du rail des instruments plus efficaces de mobilité, de commerce intérieur et de désenclavement des territoires.
JEK

