La Première ministre Judith Suminwa Tuluka a réuni lundi à la Primature les responsables de la riposte contre la 17eme épidémie d’Ebola pour évaluer l’évolution de l’épidémie et adapter le dispositif sanitaire. Autour du ministre de la Santé publique et Prévoyance sociale, Samuel Roger Kamba, et des experts de la riposte, dont le professeur Jean-Jacques Muyembe, le gouvernement a examiné de nouvelles options médicales, la prise en charge des équipes de terrain et le renforcement de la communication auprès des communautés.
Trois priorités se dégagent de cette évaluation : compléter les mesures de santé publique par des interventions médicales adaptées, harmoniser la prise en charge salariale des personnels engagés dans la riposte et intensifier la lutte contre les fausses informations.
Les autorités congolaises étudient notamment les possibilités offertes par deux vaccins spécifiques à la souche Bundibugyo ainsi que par des antiviraux qui pourraient être utilisés pour traiter certains malades et, dans des conditions précises, protéger des personnes fortement exposées, notamment les agents de santé en première ligne.
Un barème pour les équipes de terrain
La réunion a également permis de valider un barème de prise en charge salariale destiné aux médecins, infirmiers et autres prestataires mobilisés contre Ebola. « Nous avons établi un barème de prise en charge salariale pour les médecins, les infirmiers, tous ceux qui travaillent dans la riposte », a déclaré Samuel Roger Kamba.
Le dispositif doit désormais être formalisé par le ministère de la Santé à travers un arrêté. L’objectif est d’harmoniser les conditions de rémunération des équipes engagées dans les opérations, alors que celles-ci interviennent dans des conditions particulièrement exigeantes.
Combattre aussi le virus de la rumeur
Judith Suminwa a par ailleurs insisté sur la communication, considérée comme un élément déterminant de la riposte. La Première ministre veut renforcer la lutte contre l’« infodémie », alors que les rumeurs et les informations erronées peuvent compromettre l’adhésion des populations aux mesures de prévention et compliquer l’introduction éventuelle de nouvelles stratégies médicales.
Le plan de communication devra notamment expliquer les mesures de prévention, accompagner les communautés et préparer l’opinion aux différentes options envisagées, notamment en matière de vaccination et de traitement.
Kinshasa toujours épargnée
Le gouvernement se veut également rassurant concernant la capitale. Aucun cas d’Ebola n’y a été enregistré à ce stade, selon le ministre de la Santé. « Jusqu’à présent, il y a zéro cas à Kinshasa », a affirmé Samuel Roger Kamba, estimant que le renforcement des mesures de surveillance doit permettre d’éviter l’introduction du virus dans la capitale.
La vigilance a notamment été renforcée sur le fleuve Congo. Un poste sanitaire installé à environ 65 kilomètres de Kinshasa contrôle les embarcations en provenance des zones affectées et procède à la vérification des passagers avant leur arrivée dans la capitale.
Après trois mois de riposte, le gouvernement entend ainsi faire évoluer son dispositif en fonction de la dynamique de l’épidémie. L’approche combine désormais surveillance épidémiologique, protection des personnels de première ligne, renforcement des moyens médicaux et communication de proximité, avec l’objectif de contenir le virus tout en préparant les autorités à différents scénarios sanitaires.
C.G

