RDC–RCA : Kinshasa et Bangui renforcent leur coopération énergétique autour du transit des produits pétroliers

La République démocratique du Congo et la République centrafricaine entendent renforcer leur coopération dans le secteur énergétique, notamment autour du transit des produits pétroliers destinés à la Centrafrique, pays enclavé dont une partie importante de l’approvisionnement transite par le territoire congolais.

En mission officielle à Kinshasa, la Ministre centrafricaine chargée du Développement de l’Énergie et des Ressources hydrauliques, Edwige Opportune Pouninguiza-Nguelebe, a été reçue mercredi par la Ministre d’État, Ministre des Hydrocarbures de la RDC, Acacia Bandubola Mbongo à travers un tête-à-tête qui s’est ensuite élargi aux directeurs généraux des entreprises pétrolières et logistiques ainsi qu’aux membres de leurs cabinets.

Les échanges ont principalement porté sur la coopération énergétique bilatérale et, plus particulièrement, sur les différentes campagnes de transit des produits pétroliers vers la République centrafricaine.

Un corridor pétrolier stratégique pour la Centrafrique

Pour Bangui, la coopération avec Kinshasa revêt une importance économique particulière. En raison de son enclavement, la RCA dépend largement des corridors régionaux pour assurer son approvisionnement en produits pétroliers, une partie de ces flux passant par la RDC.

Cette réalité confère au partenariat entre les deux pays une dimension qui dépasse la seule coopération sectorielle. La fluidité du transit, la disponibilité des infrastructures logistiques et la coordination entre les administrations et les opérateurs constituent autant de facteurs déterminants pour la sécurité énergétique centrafricaine.

À Kinshasa, Acacia Bandubola a assuré son homologue de la disponibilité de la RDC à poursuivre cette coopération dans un esprit de solidarité et de partenariat mutuellement bénéfique. « C’est un honneur et un grand plaisir pour moi de vous accueillir ce jour à Kinshasa, à l’occasion de cette visite de travail qui témoigne une fois de plus de la vitalité des relations entre nos deux pays frères », a déclaré la Ministre d’État, rappelant que cette rencontre s’inscrit dans la continuité des échanges engagés entre les deux parties en juin et juillet derniers.

Des opérateurs mobilisés pour sécuriser les flux

La réunion a également associé les principaux acteurs congolais intervenant dans la chaîne logistique pétrolière, traduisant la volonté des deux parties de traiter les questions de transit à la fois sur le plan politique, administratif et opérationnel.

Étaient notamment présents le président du conseil d’administration et le directeur général de SEP Congo, le directeur général de Lerexcom Petroleum, ainsi que le directeur général adjoint de SOCIR, aux côtés des membres du cabinet de la Ministre d’État et de la délégation centrafricaine. Cette implication des opérateurs doit permettre de tirer les enseignements des précédentes campagnes de transit et d’anticiper les éventuelles difficultés susceptibles d’affecter les prochaines opérations.

À l’issue de ses échanges avec la partie congolaise, Edwige Opportune Pouninguiza-Nguelebe s’est déclarée satisfaite des assurances reçues de Kinshasa. « La République centrafricaine est un pays enclavé et l’essentiel de nos produits pétroliers passe par la République démocratique du Congo. C’est une coopération de longue date, une coopération très bien entretenue », a-t-elle souligné.

La Ministre centrafricaine a expliqué que les autorités de Bangui prennent traditionnellement contact avec le ministère congolais des Hydrocarbures au lancement des campagnes de transit afin de faire le bilan de l’exercice précédent et de préparer les opérations à venir.

Vers une coopération énergétique davantage structurée

Au-delà du transit, les discussions entre les deux ministres témoignent de la volonté de Kinshasa et Bangui de consolider une coopération énergétique appelée à jouer un rôle croissant dans leurs échanges économiques.

Pour la RDC, le développement de ses infrastructures pétrolières et logistiques peut également renforcer sa position de pays de transit et de plateforme régionale pour l’approvisionnement des États voisins. Pour la Centrafrique, la sécurisation de ces corridors constitue un enjeu direct de stabilité de son marché énergétique et, plus largement, de son activité économique.

La rencontre de Kinshasa apparaît ainsi comme une nouvelle étape dans la consolidation d’un partenariat fondé sur l’interdépendance, la solidarité régionale et la recherche de solutions concrètes aux contraintes d’approvisionnement auxquelles sont confrontés les deux pays.

JDW

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