Le Vice-Premier Ministre Daniel Mukoko Samba a reçu cette semaine le représentant pays de Trafigura en RDC, Hervé François Otschudi Omanga, pour des discussions axées sur les investissements, les infrastructures énergétiques et logistiques, ainsi que la transformation locale. Une rencontre qui s’inscrit dans la volonté du gouvernement congolais de diversifier son économie et de mobiliser le secteur privé.
Au cœur des échanges : les infrastructures énergétiques et logistiques, les capacités de stockage, la transformation locale des ressources et la mobilisation du secteur privé.
Cette rencontre illustre l’ambition de Kinshasa de réduire sa dépendance au secteur minier extractif, conformément au premier pilier de son programme d’actions consacré à la création d’emplois et à la diversification de l’économie .
Un partenariat stratégique avec la Banque mondiale, qui pourrait atteindre 11 milliards de dollars sur dix ans, est d’ailleurs en cours d’élaboration pour soutenir ces objectifs, notamment le développement des infrastructures et l’amélioration du climat des affaires.
Un engagement renouvelé de Trafigura malgré un contexte contrasté
Le géant suisse du négoce de matières premières, acteur historique en Afrique centrale, a récemment connu des revers. En juillet 2026, Trafigura s’est retiré d’un projet ambitieux de ligne de transmission électrique de 2 000 MW entre l’Angola et les mines de cuivre et de cobalt de la RDC et de la Zambie.
Ce retrait, confirmé par des sources proches du dossier, met en évidence le défi énergétique chronique auquel fait face le secteur minier congolais, qui souffre d’un manque de capacité estimé à au moins 1 500 MW.
Toutefois, ce retrait ne signe pas la fin de l’engagement du groupe en RDC. Trafigura reste un partenaire de premier plan, comme en témoigne la signature en mai 2026 d’un protocole d’accord tripartite avec l’Entreprise Générale du Cobalt (EGC) et la société américaine EVelution Energy.
Cet accord vise à établir une chaîne d’approvisionnement directe en hydroxyde de cobalt entre la RDC et les États-Unis, en passant par le corridor de Lobito.
Le corridor de Lobito, colonne vertébrale logistique
Cet investissement s’appuie sur une infrastructure clé : le Lobito Atlantic Railway (LAR) . Cette ligne ferroviaire de 1 300 km, dont Trafigura est actionnaire via une coentreprise, relie le port angolais de Lobito au cœur de la Copperbelt congolaise.
Véritable artère logistique, elle offre l’itinéraire le plus court entre Kolwezi et un port africain, réduisant les temps de transit à environ sept jours.
Ce corridor, soutenu par un financement de 753 millions de dollars de la finance américaine (DFC), est devenu stratégique pour l’exportation des métaux critiques . La RDC, qui devrait connaître une croissance moyenne de 5,1 % sur la période 2026-2028 selon la Banque mondiale, mise sur ces infrastructures pour soutenir son développement économique et industriel.
Vers une transformation locale et une diversification durable
Les discussions entre le Vice-Premier Ministre et le représentant de Trafigura s’inscrivent dans cette dynamique. Au-delà du simple commerce des matières premières, l’enjeu est désormais la transformation locale.
L’accord avec EVelution Energy prévoit ainsi d’explorer le soutien au développement de capacités locales de raffinage du cobalt en RDC, afin d’accroître la création de valeur dans le pays et de contribuer au développement économique à long terme . L’objectif est simple : passer d’un pays essentiellement exportateur de minerais bruts à un pays créateur de valeur ajoutée, en phase avec les aspirations de diversification économique du gouvernement.
JEK

