Le Groupe d’experts de l’ONU a rendu son dernier rapport sur la RDC fin mai dernier. Ce rapport, dont Congo Guardian s’est procuré une copie, dresse un constat alarmant : l’armée rwandaise (RDF) ne se contente plus d’appuyer la rébellion AFC/M23, elle en a pris le contrôle opérationnel total. Avec un déploiement massif estimé entre 14 000 et 18 000 hommes sur les deux Kivu, Kigali a transformé ce conflit local en une guerre régionale sous sa houlette.
Le rapport affirme sans équivoque que « la RDF a fourni un appui opérationnel constant à l’AFC/M23 grâce à sa capacité de déployer rapidement des moyens hautement spécialisés ».
Une mainmise stratégique sans équivoque
Le document, qui couvre les investigations jusqu’en avril 2026, démontre que la RDF dicte sa stratégie à l’AFC/M23. Des figures influentes du régime rwandais, comme le général à la retraite James Kabarebe, ont été identifiées comme les véritables coordinateurs des offensives majeures, notamment la prise d’Uvira en décembre 2025. Le rapport précise que Kabarebe « avait joué un rôle clé dans la coordination de l’offensive ».
Plus encore, le rapport affirme que c’est le gouvernement rwandais qui décide des territoires à conquérir, occuper ou évacuer, « ce qui témoigne d’un contrôle opérationnel centralisé et d’une subordination hiérarchique de l’AFC/M23 ».
Un commandement centralisé et des mouvements tactiques orchestrés
Le rapport souligne que la RDF exerce un commandement et un contrôle centralisés sur les forces rebelles. Les unités mixtes, où des officiers rwandais sont intégrés au sein des bataillons de l’AFC/M23, sont monnaie courante. Même les retraits, présentés comme des gestes de bonne volonté diplomatique, ne sont en réalité que des « repositionnements tactiques » orchestrés depuis Kigali pour renforcer les positions ailleurs, notamment dans les Hauts Plateaux du Sud-Kivu.
Les experts notent que « les retraits effectués n’étaient que des concessions stratégiques et territoriales limitées » et que « les mouvements observés correspondaient à des repositionnements tactiques ».
Cette mainmise totale explique la capacité de l’AFC/M23 à mener des offensives simultanées sur plusieurs fronts et à utiliser un armement sophistiqué, que la rébellion ne pourrait ni financer ni opérer sans le soutien massif de son allié rwandais.

