Le poids de la République démocratique du Congo dans l’activité du port de Dar es Salaam se confirme avec des volumes de fret en forte progression. En visite de travail ce dimanche dans cette infrastructure stratégique de la Tanzanie, le ministre congolais du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, a pris la mesure de l’importance croissante du corridor pour les échanges commerciaux de la RDC.
Guidée par la Tanzania Ports Authority (TPA), la visite a permis au ministre de constater les effets des investissements et des réformes engagés pour moderniser le port. Celui-ci assure environ 95 % du commerce international de la Tanzanie. Son trafic global est passé de 18 millions de tonnes en 2021/2022 à 33,7 millions de tonnes en 2025/2026, avec un objectif annoncé de 62 millions de tonnes à l’horizon 2031.
La RDC, premier partenaire du transit régional
Dans cette dynamique, le fret congolais occupe une place déterminante. Il a atteint 7,77 millions de tonnes, soit une progression de 30 % en une année. La RDC représenterait ainsi 53 % du fret de transit régional et environ 23 % du trafic total du port.
Cette évolution confirme le rôle du corridor de Dar es Salaam dans l’approvisionnement et l’acheminement des marchandises à destination de la RDC. La croissance des volumes congolais, annoncée à environ 180 % sur plusieurs années, pose toutefois un défi logistique : celui d’adapter les infrastructures de transit au rythme de l’augmentation des cargaisons.
La mise en place de ports secs dédiés, notamment à Kwala, constitue l’une des réponses envisagées pour fluidifier le traitement et l’acheminement du fret.
Cette réalité donne également une dimension concrète aux négociations engagées entre Kinshasa et Dodoma en vue d’un Accord commercial bilatéral, dont le projet doit être élaboré dans un délai de 90 jours. Le futur accord doit notamment contribuer à améliorer les conditions d’importation, d’exportation et de transit entre les deux pays.
De la logistique à l’industrialisation
La mission congolaise s’est également poursuivie auprès de SATURN, entreprise spécialisée dans l’assemblage de véhicules destinés au transport de grandes cargaisons.
La société a été invitée à envisager une implantation à Lubumbashi, avec l’objectif de répondre en priorité aux besoins du secteur minier congolais. Pour Kinshasa, produire localement une partie des équipements actuellement importés permettrait de réduire la facture d’importation et, par conséquent, les sorties de devises.
SATURN a présenté son cahier des charges, qui doit désormais être examiné conjointement avec les ministères congolais des Finances et du Plan, dans le cadre des démarches visant à renforcer l’attractivité des investissements en RDC.
À travers cette étape, la mission de Julien Paluku à Dar es Salaam dépasse ainsi la seule question du transit. Elle met en parallèle deux enjeux complémentaires pour l’économie congolaise : sécuriser et fluidifier les corridors d’approvisionnement tout en développant des capacités industrielles locales susceptibles de réduire la dépendance aux importations.
Le corridor de Dar es Salaam apparaît ainsi comme un levier à la fois commercial et industriel, au moment où Kinshasa et Dodoma travaillent à donner un nouveau cadre à leur coopération économique.

