Caravane des infrastructures : de Kananga au Lac Mukamba, John Banza Lunda accélère l’inspection de la RN 1

La caravane infrastructurelle conduite par le ministre des Infrastructures et Travaux publics (ITP), John Banza Lunda, a poursuivi sa progression à travers le Kasaï Central avec une nouvelle étape consacrée à l’inspection de plusieurs chantiers stratégiques de la Route nationale n°1 (RN1) et de la RN42. Entre lutte contre les érosions, sécurisation des ouvrages d’art et développement de nouveaux corridors routiers, le gouvernement entend accélérer la mise en œuvre de sa politique de désenclavement et d’intégration territoriale.

Au cœur de cette mission, le ministre a évalué l’état d’avancement de projets considérés comme essentiels pour renforcer la connectivité entre le centre du pays, le Sankuru, la Grande Orientale et l’Est de la République démocratique du Congo.

L’aéroport de Lungandu menacé par les érosions

La journée a débuté à Kananga par l’inspection du site érosif du quartier Kabanza, dont la progression menace directement la piste de l’aéroport national de Lungandu.

Grâce à un financement initial mobilisé en 2025 par le Fonds national d’entretien routier (FONER), des travaux de protection ont déjà permis l’installation d’une glissière destinée à contenir l’avancée du ravin. Toutefois, l’apparition de nouvelles têtes d’érosion préoccupe les autorités.

Face à cette situation, John Banza Lunda a annoncé l’inscription du site parmi les priorités du programme d’intervention 2026 afin de permettre la réalisation de travaux de stabilisation plus importants. Cette approche s’inscrit dans la stratégie gouvernementale visant à protéger les infrastructures publiques contre les effets de l’érosion, phénomène qui constitue l’un des principaux défis d’aménagement dans plusieurs provinces du pays.

Sur la route Kananga–Kakangayi, les défis géologiques persistent

Le ministre s’est ensuite rendu sur le tronçon routier de près de 90 kilomètres reliant Kananga à la rivière Kakangayi, un axe appelé à renforcer les échanges entre le Kasaï Central et les territoires voisins.

Sur le premier lot, long de 45 kilomètres entre Kananga et Kashindi-Madila, les travaux sont exécutés par l’entreprise Sinohydro sous la supervision de la Cellule Infrastructures. Les responsables du chantier ont signalé d’importantes contraintes géotechniques liées à la nature instable du sol.

Le tronçon compte également une vingtaine de têtes d’érosion qui font actuellement l’objet d’opérations de repérage et de traitement avant les travaux définitifs.

Sur le deuxième lot, qui s’étend de Madila à la rivière Kakangayi sur environ 47 kilomètres, les équipes concentrent leurs efforts sur les travaux d’assainissement et de préparation de la plateforme routière.

Selon les responsables techniques, la couche de fondation entre Kashindi, Bena Mulongo et Kakangayi devrait être achevée à la fin du mois de juillet. L’objectif affiché est de réaliser l’asphaltage complet d’environ 30 kilomètres de route avant la fin du mois de septembre.

Alerte sur le pont Muanzangoma

L’une des séquences les plus marquantes de cette étape a concerné le pont Muanzangoma, situé dans le village de Muyeji.

Sur place, le ministre a constaté une dégradation avancée de l’ouvrage, dont l’état suscite de vives inquiétudes parmi les usagers et les opérateurs engagés sur les différents chantiers routiers de la région.

Plus loin, au village Kabembele, une intervention d’urgence de l’Office des Routes a permis de rétablir la circulation après une interruption temporaire provoquée par la détérioration de la chaussée.

Considérant le rôle stratégique du pont Muanzangoma pour l’approvisionnement des chantiers et la circulation des populations, John Banza Lunda a instruit le coordonnateur de la Cellule Infrastructures, Billy Tshibambe, de prendre immédiatement des mesures conservatoires. La rupture de cet ouvrage pourrait en effet compromettre la continuité logistique des travaux engagés sur les RN1 et RN2.

Billy Tshibambe a assuré que les ressources nécessaires seraient mobilisées rapidement afin de renforcer le pont dans l’attente de son remplacement définitif.

Au Lac Mukamba, la RN42 dessine un nouveau corridor national

Après Kananga, la délégation gouvernementale a poursuivi sa mission jusqu’au Lac Mukamba, point de jonction stratégique entre la RN1 et la RN42.

Le ministre y a inspecté les travaux de construction de la RN42 entre le Lac Mukamba et Lusambo, un projet majeur destiné à désenclaver durablement la province du Sankuru.

Longue de 131,6 kilomètres, cette route est réalisée selon les standards du béton bitumineux bicouche. Les équipes ont déjà exécuté plusieurs kilomètres de couche de fondation et poursuivent les travaux préparatoires avant la mise en œuvre de la couche de roulement.

Selon John Banza Lunda, les premiers résultats sont déjà perceptibles sur la mobilité locale.

« Ce trajet qui nécessitait auparavant plusieurs jours de déplacement peut désormais être parcouru en environ deux heures », a-t-il indiqué.

Une vision d’interconnexion jusqu’à Kisangani, Beni et Bukavu

Au-delà des travaux actuellement en cours, le ministre a présenté les perspectives de connexion des grands corridors routiers nationaux. Il a annoncé l’envoi prochain d’une mission technique à Lodja afin de préparer l’interconnexion des différents territoires du Sankuru aux grands axes nationaux.

Dans cette vision, la RN42 constituera l’épine dorsale permettant de rejoindre la RN7 en direction de Kisangani. Cette dernière se connectera ensuite à la RN4 vers Beni, tandis que la RN2 assurera la continuité jusqu’à Bukavu.

Cette architecture routière doit, à terme, renforcer l’intégration économique du centre, du nord-est et de l’est de la RDC en facilitant la circulation des personnes, des biens et des services.

À travers cette nouvelle étape de la caravane infrastructurelle, le gouvernement entend démontrer sa volonté de faire des infrastructures un levier majeur de cohésion nationale et de développement économique. Du Kasaï Central au Sankuru, les différents chantiers inspectés témoignent d’une ambition plus large : relier progressivement les grands bassins de production et de consommation du pays par un réseau routier moderne capable de soutenir la croissance et l’intégration territoriale de la République démocratique du Congo.

JEK

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