Neutralisation des FDLR et retrait des troupes rwandaises de la RDC : Kinshasa et Kigali font le point à Londres

Réunis ce jeudi 25 juin à Londres dans le cadre de la sixième session du Comité conjoint de supervision (Joint Oversight Committee – JOC), la RDC, le Rwanda, les États-Unis, le Qatar, le Togo, en qualité de médiateur de l’Union africaine, ainsi que la Commission de l’Union africaine ont réaffirmé leur engagement en faveur de la paix et de la désescalade des tensions dans la région des Grands Lacs.Cette rencontre intervient dans un contexte particulièrement préoccupant marqué par la recrudescence des affrontements armés dans l’Est congolais, les conséquences des frappes de drones sur les populations civiles et sur le processus de paix, ainsi que l’aggravation de la crise humanitaire, à laquelle s’ajoute une épidémie persistante d’Ebola.

À l’issue des travaux, les participants ont exprimé leur vive inquiétude face à la dégradation de la situation sécuritaire et humanitaire, soulignant l’urgence de prendre des mesures concrètes pour rendre effectif le cessez-le-feu et préserver les acquis du processus de paix engagé depuis plusieurs mois.

Au cours de la réunion, la RDC a présenté l’état d’avancement de ses efforts visant à neutraliser les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), tandis que le Rwanda a fait le point sur le processus de désengagement de ses forces et de levée progressive des mesures défensives mises en place dans le cadre des accords conclus entre les deux pays.

Une feuille de route renforcée

Kinshasa et Kigali ont réitéré leur engagement à appliquer intégralement l’Accord de paix signé à Washington le 27 juin 2025. Les deux parties se sont notamment engagées à respecter les dispositions relatives aux frappes de drones, devenues ces derniers mois l’un des principaux facteurs de tension dans la région.

Les deux gouvernements ont également convenu de prendre des mesures immédiates pour réduire les tensions, particulièrement dans la zone sensible de Minembwe, où les risques d’escalade restent élevés. Ils se sont engagés à utiliser leur influence respective auprès des différents acteurs présents sur le terrain afin de favoriser un apaisement rapide de la situation.

Dans le volet sécuritaire, les participants ont plaidé pour un élargissement du mandat du Mécanisme conjoint renforcé de vérification (EJVM+) afin qu’il puisse contrôler la mise en œuvre des engagements contenus dans les Accords de Washington. Ils ont également soutenu le déploiement rapide de cette structure pour conduire sa première mission de vérification sur le terrain.

Le communiqué final insiste par ailleurs sur la nécessité de créer un environnement politique et sécuritaire favorable aux opérations de vérification conjointes et de renforcer les mécanismes de coopération sécuritaire entre les deux pays. À cet effet, Kinshasa et Kigali ont convenu de poursuivre les échanges de renseignements au sein du Mécanisme conjoint de coordination sécuritaire (JSCM) afin d’harmoniser leur compréhension des prochaines opérations prévues dans le cadre des accords bilatéraux.

Soutien affirmé au processus de Doha

L’un des points majeurs de cette sixième réunion a concerné les négociations en cours entre le Gouvernement congolais et l’AFC/M23 sous la médiation du Qatar à Doha. La RDC et le Rwanda ont exprimé leur soutien total à la poursuite de ces discussions, dans l’espoir d’aboutir à un accord politique durable susceptible de contribuer à la pacification de l’Est du pays.

Les deux États ont également pris l’engagement de renforcer la confiance mutuelle en s’abstenant de toute action hostile ou de toute rhétorique susceptible de compromettre la mise en œuvre des Accords de Washington. Cet engagement concerne aussi bien les déclarations politiques nationales que les prises de position dans les forums internationaux.

Une dynamique diplomatique qui se poursuit

Les délégations congolaise et rwandaise ont salué le rôle joué par les États-Unis, le Qatar, le Togo et la Commission de l’Union africaine dans l’accompagnement du processus de paix. Elles ont également remercié le Royaume-Uni pour avoir accueilli cette nouvelle session du Comité conjoint de supervision.

Alors que la situation demeure fragile sur le terrain, les participants ont convenu de maintenir le rythme des consultations. La prochaine réunion du Mécanisme conjoint de coordination sécuritaire est ainsi prévue dans un délai de quinze jours, avec pour objectif d’accélérer l’exécution des engagements pris et de consolider les avancées diplomatiques obtenues jusqu’à présent.

Cette rencontre de Londres apparaît ainsi comme une tentative de relance politique du processus de paix dans la région des Grands Lacs, à un moment où les violences persistantes menacent de compromettre les progrès enregistrés depuis la signature des Accords de Washington.

Albert Osako

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *