RDC : l’ECC appelle à un dialogue national inclusif avant toute réforme constitutionnelle

L’Église du Christ au Congo (ECC) a appelé, dimanche, à l’organisation d’un dialogue démocratique national inclusif avant toute initiative de révision ou de changement de la Constitution, estimant qu’une telle démarche doit s’inscrire dans un cadre consensuel, apaisé et conforme aux dispositions de la loi fondamentale.

Dans une déclaration rendue publique à l’issue de sa 66ᵉ session extraordinaire et après une consultation des forces politiques et sociales, l’une des plus importantes confessions religieuses du pays a invité les acteurs politiques et sociaux à privilégier la concertation et la recherche du consensus sur les questions engageant l’avenir institutionnel du pays.

Le document, signé par le président national et représentant légal de l’ECC, le Révérend André-Gédéon Bokundoa, rappelle l’attachement de l’Église protestante au respect de la Constitution, notamment de ses articles 5, 218, 219 et 220, qui encadrent l’exercice de la souveraineté populaire ainsi que les procédures et les limites de toute révision constitutionnelle.

L’ECC estime que le contexte national exige une approche fondée sur le dialogue, la responsabilité collective et la préservation de la cohésion nationale. Elle encourage les différentes composantes de la société congolaise à recourir à la « sagesse divine » et à s’inspirer de l’« arbre à palabre », symbole africain de concertation et de règlement pacifique des différends.

« L’arbre à palabre demeure un espace privilégié d’écoute mutuelle, de partage et de construction du consensus », souligne la déclaration, qui plaide pour une démarche inclusive permettant à toutes les sensibilités nationales de participer au débat sur les grandes orientations du pays.

L’organisation protestante soutient ainsi la tenue d’un dialogue démocratique national inclusif qu’elle présente comme un instrument de consolidation de la paix, de l’unité nationale et de la stabilité institutionnelle.

Dans son message, l’ECC inscrit également son appel dans la dynamique des efforts régionaux et internationaux en faveur de la paix en RDC. Elle évoque notamment les résolutions 2773 et 2808 du Conseil de sécurité des Nations unies ainsi que les initiatives soutenues par l’Union africaine, l’Union européenne et les processus diplomatiques engagés à Washington et à Doha.

Dans le cadre de cette 66ᵉ session extraordinaire, l’ECC avait également organisé des consultations avec diverses forces politiques et sociales du pays autour du débat sur la Constitution, dans le but de recueillir les points de vue des différentes composantes nationales sur cette question d’intérêt majeur.

Cette prise de position intervient alors que le débat sur une éventuelle réforme constitutionnelle continue d’alimenter les discussions au sein de la classe politique et de la société civile congolaises. L’Église du Christ au Congo réaffirme, pour sa part, sa conviction que les questions institutionnelles majeures doivent être abordées dans un climat de confiance, de dialogue et de responsabilité partagée.

« Ne construisons pas des murs, jetons des ponts », a conclu le Révérend André-Gédéon Bokundoa.

JEK

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