Alors que des documents non corroborés circulent sur les réseaux sociaux accusant l’un des principaux consortiums économiques de la RDC, LEDYA Group, d’être un écran pour les intérêts de l’ancien chef de l’État Joseph Kabila, la direction du groupe a décidé de briser le silence. Dans un communiqué de presse publié ce lundi et parvenu à Congo Guardian, LEDYA Group dément « formellement et vigoureusement » toute implication politique et toute opacité dans la gestion du terminal à conteneurs de Matadi (MGT).
Ces derniers jours, des rumeurs circulant dans les réseaux sociaux sous forme d’écrits et même de vidéos affirment que des sanctions américaines, préfigurant une annonce officielle, auraient déjà des conséquences concrètes. Selon ce document, le partenaire philippin ICTSI, actionnaire majoritaire du MGT, aurait pris ses distances avec le « réseau Kabila », dont LEDYA Group serait le prête-nom. Un réaménagement capitalistique serait en cours, avec un retrait progressif des parts liées à l’ancien président frappé de sanctions financières de l’OFAC.
Face à ces « rumeurs », LEDYA Group, fort de ses 53 ans d’existence, oppose une fin de non-recevoir. « Le groupe n’a ni vocation ni compétence à s’immiscer dans le champ politique », assène le communiqué, signé de la direction générale à Kinshasa. L’entreprise revendique également une « indépendance stricte vis-à-vis des clivages politiques » et affirme ne mener que des « relations institutionnelles responsables, exclusivement orientées vers l’intérêt général ».

Un port stratégique, un financement bancaire clair
Le cœur de la controverse porte sur le Matadi Gateway Terminal (MGT), infrastructure moderne inaugurée en 2016, véritable poumon logistique du pays. Les accusations anonymes affirment que Joseph Kabila détiendrait 35 à 40 % du capital via des prête-noms, dont Lengo Dia Ndinga, homme d’affaires originaire de Matadi présenté comme un intermédiaire.
Le démenti est technique et précis. LEDYA Group reconnaît sa participation, mais en détaille les modalités : un « apport en nature, consistant en la mise à disposition du foncier ». L’argent, lui, est venu d’ailleurs. « Le partenaire ayant apporté l’argent en prêt d’actionnaire, par Citibank, et du reste remboursé par la société, dispose d’une expérience de plus de 34 ports maritimes dans le monde », écrit le groupe. Une description qui correspond à la société philippine ICTSI, laquelle détient bien plus de 50 % du capital.
Le consortium rejette également toute intention de « court-circuiter » l’opérateur public ONATRA, autre accusation des publications litigieuses. « Le MGT est un maillon du dispositif logistique national », plaide LEDYA, qui rappelle par ailleurs ses engagements dans les secteurs pétrolier, minier, agro-pastoral et énergétique, et le fait qu’il emploie directement plus de 2 000 personnes en RDC.
« Patriotisme économique » contre « faits mensongers »
Les implications de ces accusations ne sont pas anodines. Les rumeurs des réseaux sociaux laissent entendre que le gouvernement, sous pression américaine, chercherait à rééquilibrer la gouvernance du port, à l’image de ce qui s’est passé pour le projet du port en eau profonde de Banana, où l’État a dû renforcer sa participation. LEDYA Group balaie ces allégations d’un revers de la main, les qualifiant de « purement mensongères ».
Pour le reste, Ledya Group réaffirme son « engagement indéfectible en faveur d’un développement fondé sur la responsabilité et le patriotisme économique ».
Jonas Eugène Kota

