RDC : Le gouvernement fait chorus autour de Judith Suminwa contre les « cyber-casseurs »

Le ton est solennel, la menace judiciaire explicite. Ce vendredi, le gouvernement de la République démocratique du Congo a jeté un pavé dans la mare numérique : il condamne fermement une vague de publications « injurieuses, diffamatoires et menaçantes » visant la Première ministre, Judith Suminwa Tuluka, ainsi que d’autres hauts responsables publics.

Et ce n’est pas une simple mise en garde. Dans un communiqué de son porte-parole, l’ Exécutif national annonce avoir déjà saisi la justice.

Le communiqué cinglant du ministère de la Communication et Médias dénonce des « campagnes coordonnées de dénigrement » et une « manipulation de l’opinion » sur les réseaux sociaux et autres espaces numériques. Cette réaction fait suite aux attaques ciblées contre la Première ministre à la suite de son passage sur TV5 où elle s’est exprimée sur l’accord passé entre la RDC et les USA sur le transfert de migrants.

Selon Kinshasa, ces attaques ne relèvent plus de la simple polémique : elles visent à « porter atteinte à la crédibilité des Institutions de la République, à la cohésion nationale et à l’autorité de l’État ».

Le gouvernement se veut garant des libertés fondamentales, et le communiqué rappelle que la Constitution congolaise protège la liberté d’expression et d’opinion, socles de l’État de droit. Mais il attire l’attention : « Ces libertés s’exercent dans le strict respect de la loi, de l’ordre public et des droits d’autrui. »

Traduction : les injures, menaces, harcèlement en ligne, incitations à la haine et atteintes à l’honneur ne passeront plus sous les radars. « Ils constituent des infractions répréhensibles », insiste le texte.

Des enquêteurs sur la piste des anonymes et des commanditaires

La vraie nouveauté, c’est la machine judiciaire désormais enclenchée. Les autorités judiciaires et services compétents ont été saisis pour « constater les faits, identifier les auteurs, co-auteurs, complices, commanditaires et relais éventuels ». Et le gouvernement vise large : y compris « ceux qui agissent dans l’anonymat, depuis l’étranger ou au moyen de dispositifs numériques dissimulés ».

Autrement dit, aucun refuge technologique ni géographique n’est garanti.

Appel au « débat responsable »

Sous la plume du ministère, la ligne est claire : la République ne cédera pas au chaos numérique. Le gouvernement appelle les citoyens à préserver « la dignité du débat public, la cohésion nationale et l’usage responsable des espaces numériques, dans l’intérêt supérieur de la Nation ».

JEK

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