Kinshasa : Daniel Bumba évalue tout sauf la prédation et la violence dans les contrôles routiers

Le Gouverneur de Kinshasa, Daniel Bumba, a présidé jeudi dernier une réunion élargie du comité provincial de sécurité à la maison communale de Kinshasa. Au menu : renforcement des effectifs des commissariats de police, moyens logistiques accrus, lutte contre l’insalubrité, interdiction des marchés et garages pirates, démolition des constructions anarchiques, et même répression des nuisances sonores.

Un agenda chargé, certes. Mais un sujet brûlant a été soigneusement évité : la prédation, les violences et les extorsions commises en plein jour par les 3 000 agents qu’il a lui-même recrutés pour les contrôles routiers. En effet, pendant que le gouverneur détaille ses plans pour « restaurer l’ordre public par une action coordonnée », la réalité sur le terrain est tout autre.

Ces 3 000 jeunes, dont le mode de recrutement n’a jamais été clarifié, se livrent quotidiennement à des raquettes, à des confiscations forcées d’argent et de biens matériels – batteries, roues de rechange, chargements entiers de boissons, etc. Des vidéos accablantes circulent sur les réseaux sociaux.

À Kinsuka pompage, devant le commissariat de district, ces agents opèrent en toute impunité, parfois en complicité avec des policiers.

Sans feuille de route, sans mandat, ils exploitent les embouteillages qu’ils sont censés résorber. Et quand la population proteste, les explications deviennent musclées.

Alors que le Gouverneur ignore cette situation de plus en plus explosive, des indications claires identifient ces agents comme issus des « forces du progrès », milice politique de l’UDPS, son parti. Le Gouverneur de la ville avait esquivé toutes les questions des médias sur la clarification de leur recrutement. Aujourd’hui, ces desperados sèment la terreur.

La population, surtout les usagers de la route kinoise, qui a suivi cette grande réunion supposée de sécurité mais tenue en plein air, se dit désabusé de cet oubli qu’elle assimile à un manque de considération de ses cris de détresse. « On renforce les commissariats, on dote les communes de camions-bennes, on promet de démolir les constructions anarchiques – toutes mesures louables – mais on laisse pourrir un scandale où l’agent de l’État devient pilleur et terroriste », s’indigne un passant à Kintambo magasin.

Et un autre d’enchaîner : « La restauration de l’ordre public passe aussi, et d’abord, par la fin de cette prédation institutionnalisée ».

Daniel Bumba est ainsi appelé à suspendre sans délai ces contrôles, à dissoudre ces équipes incontrôlées, et à instaurer une organisation transparente.

JDW

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