UNPC : la délivrance de la carte de presse suspendue, des cadavres découverts dans les maigres placards de l’Union

Flingué ! Alors qu’il venait à peine d’être lancé pour combler un vide qui durait depuis quatre années au moins, la délivrance de la nouvelle carte professionnelle des journalistes et professionnels des médias vient de tourner court.

Pendant que le bureau exécutif de l’Union décernait, en date du 2 octobre, une Carte d’Honneur à Patrick Muyaya, ministre de tutelle, il avait déjà décidé, en accord avec la Commission de la carte, de suspendre le processus, au terme d’une réunion électrique tenue le mardi 29 septembre, soit trois jours plus tôt.

Une distinction honorifique d’un côté, une carte professionnelle mise au placard de l’autre : le contraste en dit long sur l’ambiance qui règne désormais dans la maison.

Pour cause : des recettes dont la traçabilité pose de sérieuses questions, une opacité persistante autour du processus, des luttes intestines et, plus largement, un sérieux déficit de gouvernance au sein de l’organisation. Bref, cet atavisme qui dure depuis le congrès de refondation de 2004 et qui a encore de beaux jours.

178 cartes, 12 recettes : le chiffre qui fâche

La réunion du 29 septembre, tenue au siège de l’UNPC entre le Bureau exécutif et la Commission de la carte d’identité professionnelle, devait faire le point sur la délivrance de la nouvelle carte. C’est là qu’a été découvert le pot-aux-roses : des cartes émises au terme d’un travail méticuleux et rigoureux d’examen des dossiers mais dont les dividendes sont partis dans les poches, selon des sources de Congo Guardian… du Secrétaire général.

Et la trésorerie de n’y a vu que du feu !

Les chiffres d’à peine quelques semaines après le lancement de l’opération font pleurer : 178 cartes payées et délivrées au terme d’un travail méticuleux de sélection à la commission ad hoc, mais les recettes de seulement 12 cartes seraient parvenues à la trésorerie.

Le procès-verbal de constat mentionne ainsi une décision sans appel : « La suspension toutes affaires cessantes du processus de la délivrance de la carte de presse jusqu’à nouvel ordre pour raison de transparence et de sécurité ».

La formule est pour le moins douloureuse : le dispositif censé sécuriser l’identification des professionnels des médias est suspendu précisément pour des raisons de « transparence et de sécurité ».

La mesure ne pouvait mieux tomber car, lors d’une autre réunion tenue samedi 3 octobre, des sources vont rapporter que certaines provinces, comme la Tshopo, avaient déjà payés cach leurs commandes, mais là aussi l’argent ne serait pas parvenu à la caisse et les dossiers pour traitement ne seraient jamais parvenus à la commission ad hoc.

Et ce n’est pas tout. Dans la foulée, il va être découvert la poursuite d’autres pratiques honteuses qui avaient terni l’image du précédent Comité avec le même Secrétaire général : l’émission des ordres de mission au profit des journalistes alors que l’UNPC n’en a pas compétence, et la poursuite de l’émission des tenants lieu de carte de presse moyennant paiement.

Pour réaliser ce triste exploit, indique nos sources, l’auteur ferait usage de la signature électronique du Président de l’union et à son insu.

Pire encore, le même SG serait seul à être en contact avec l’imprimeur de la carte alors que c’est également lui qui centralise les opérations techniques de réception des demandes et de confection des listes à transmettre à l’imprimeur.

La question à ce stade serait alors de savoir comment le comité directeur et la commission de la carte ont pu laisser tant de tâche entre les seuls mains du Secrétaire général, alors que l’Union traîne une sombre réputation du même genre pour les comités précédents.

Une prédation facilitée par le manque de textes

Il y a pire. Alors que l’on pensait que l’UNPC avait vaincu ses démons lors du dernier congrès tenu du 17 au 19 septembre 2024, l’on se réveille sur une réalité beaucoup plus grave qu’avant, et qui aura servi de terreau à la poursuite de cette prédation financière.

À ce jour, en effet, l’Union ne dispose pas d’un compte bancaire qui aurait aidé à bancariser ce processus, et cela pour une raison pour le moins Impensable : aujourd’hui, deux années après le congrès, l’Union n’a encore jamais fait notarier ses textes amandés au Congrès. Bref, en l’absence de cet acte, l’UNPC ne dispose pas d’une personnalité juridique et ne serait qu’une association de fait.

Et la raison en est encore plus grave : l’Union ne dispose pas des soubassements requis pour ce faire, notamment le rapport final du congrès et les actes d’huissier, ainsi que les procès verbaux d’élection du nouveau comité qui, du reste, avait été élu hors délais.

Aucun de ces documents n’existent, tout simplement parce que le congrès s’était tenu sans secrétariat technique.

Moralité : si l’on doit aller plus loin, l’on dirait que dans sa situation actuelle, l’UNPC ne dispose ni de l’égalité ni de légitimité pour prétendre agir comme instance d’autorégulation au sens de la nouvelle loi sur la presse.

En attendant de connaître le fin mot de cette situation, il revient à Congo Guardian que lors d’une réunion tenue ce samedi, il aurait été décidé de soumettre le SG à un audit avant son déferrement devant la commission de discipline. Si les faits lui reprochés sont avérés, il encourt une radiation de la profession.

En attendant, l’intéressé aurait voulu déposer sa démission, ce qui lui aurait été refusé jusqu’à la fin de l’audit. De toutes les manières, une démission l’éteint pas l’infraction.

Dossier à suivre.

Congo Guardian

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