La République démocratique du Congo a plaidé pour un changement de cap dans les politiques publiques africaines, appelant à privilégier des actions concrètes pour stimuler l’industrialisation et l’emploi, lors d’un panel de haut niveau tenu le 17 avril 2026 dans la capitale américaine.

Organisée en marge des Assemblées de printemps du Groupe de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international, cette rencontre a réuni plusieurs décideurs autour des défis liés à la croissance industrielle du continent africain.
Intervenant aux côtés d’autres panélistes internationaux, le ministre congolais du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, a insisté sur la nécessité d’un basculement vers « l’Afrique des actions concrètes », rompant avec une approche dominée par les forums et les déclarations d’intention.

Rompre avec le modèle extractif
Pour Kinshasa, la transformation économique du continent passe par une mutation structurelle : abandonner une économie centrée sur l’exportation de matières premières brutes au profit du développement des chaînes de valeur régionales. Une transition qui suppose, selon le responsable congolais, des politiques publiques incitatives et la levée des obstacles structurels à l’industrialisation.
Parmi les priorités évoquées figurent la modernisation des infrastructures, notamment les corridors de transport, ainsi que la réduction des coûts logistiques, parmi les plus élevés au monde en Afrique.
Infrastructures, énergie et intégration régionale
Le ministre a également mis en avant le rôle clé des zones économiques spéciales transfrontalières et des investissements énergétiques. La RDC, a-t-il rappelé, dispose d’un potentiel estimé à 100 000 mégawatts, notamment grâce au site d’Inga, un atout stratégique pour soutenir une industrialisation à grande échelle.
L’harmonisation des cadres réglementaires et la mise en œuvre effective de la Zone de libre-échange continentale africaine ont également été présentées comme des leviers essentiels. Objectif : éliminer les barrières non tarifaires, fluidifier les échanges et renforcer l’intégration économique du continent.
Dans cette optique, la digitalisation des procédures douanières et l’interconnexion des guichets uniques ont été identifiées comme des outils clés pour réduire les délais et les coûts aux frontières.
Miser sur le capital humain et les PME
Au-delà des infrastructures, Julien Paluku Kahongya a insisté sur l’importance du capital humain. Il a plaidé pour une réforme des programmes de formation technique afin de mieux répondre aux besoins des secteurs industriels, tout en renforçant l’employabilité des jeunes.
Le soutien aux petites et moyennes entreprises (PME) figure également parmi les priorités, avec une proposition concrète : la mise en place de fonds de garantie et de programmes d’assistance technique pour consolider le tissu économique local.
À Washington, la RDC a ainsi défendu une approche pragmatique et intégrée du développement, articulée autour d’un triptyque : infrastructures, réformes structurelles et capital humain — avec, en ligne de mire, une industrialisation durable et créatrice d’emplois.
JEK

