Kasaï Oriental : Jean Léonard Tshikangu ouvre un centre médical à Tshimpoko et lance un appel à la solidarité

Inauguré le samedi 10 octobre 2026 dans les groupements Bakwa Kanda et Bakwa Nyenga dans la province du Kasaï Oriental, le Centre Médical de Tshimpoko, une initiative de Marie Claire Odia Tshikangu, ouvre une nouvelle perspective sanitaire pour plus de 25 000 habitants d’une zone enclavée. Bâti et équipé sur fonds propres, il dispose déjà de lits d’hospitalisation, d’un échographe et d’un laboratoire. Mais pour transformer cette première victoire en une offre de soins complète, son initiatrice lance un appel à la solidarité.

À Tshimpoko, au cœur du Kasaï Oriental, un bâtiment médical vient de rompre le silence d’une urgence trop longtemps vécue au quotidien : celle de populations contraintes de parcourir plusieurs kilomètres pour accéder à un centre de santé.

Le samedi 10 octobre 2026, l’inauguration du Centre Médical de Tshimpoko, porté par Marie Claire Odia Tshikangu, a marqué bien davantage que l’ouverture d’une nouvelle infrastructure. Elle a consacré l’aboutissement d’une initiative privée financée et équipée à 100 % sur fonds propres, avec une noble ambition : rapprocher les soins de santé de milliers de personnes vivant dans une zone enclavée.

Dans les groupements Bakwa Kanda et Bakwa Nyenga, où plus de 25 000 habitants sont concernés, la distance qui sépare les malades des structures de soins constitue un obstacle majeur à la prise en charge rapide. Pour les femmes enceintes, les nouveau-nés et les familles confrontées à une urgence médicale, chaque kilomètre supplémentaire peut compliquer l’accès aux soins.

C’est dans ce contexte que le Centre Médical de Tshimpoko entend prendre sa place dans le dispositif sanitaire local.

Un centre déjà opérationnel, loin du simple bâtiment de façade

Le premier mérite du projet est de ne pas s’être arrêté à l’édification des murs. À l’heure de son inauguration, le centre dispose déjà de dix lits d’hospitalisation installés, d’un échographe opérationnel, d’un laboratoire équipé de microscopes ainsi que d’intrants et de réactifs de base.

Du matériel de consultation, notamment des stéthoscopes et des tensiomètres, complète cet équipement initial.

Le bâtiment est achevé et fonctionnel. Autrement dit, Marie Claire Odia n’en est plus au stade des intentions ou des promesses : elle a engagé ses propres ressources pour doter la communauté d’un premier outil de prise en charge médicale.

Cette réalisation constitue le socle sur lequel l’initiatrice veut désormais bâtir une structure plus robuste, capable de répondre à une demande sanitaire appelée à dépasser les moyens actuellement disponibles.

Car si l’ouverture du centre représente une avancée, elle ne signifie pas encore que toutes les urgences médicales peuvent être prises en charge sur place.

De dix lits à un véritable plateau technique : le défi du changement d’échelle

Le prochain combat se joue sur le terrain des équipements, de l’approvisionnement et de la continuité des services. L’objectif affiché est de renforcer les capacités du centre afin de mieux prendre en charge les patients, particulièrement les femmes enceintes et les enfants, et de contribuer à la réduction de la mortalité maternelle et infantile.

Les besoins prioritaires sont clairement identifiés et peuvent être hiérarchisés selon leur contribution à la sécurité des patients, à la prise en charge des urgences et à la continuité des soins.

1. Sécuriser les médicaments et les soins d’urgence – La constitution d’un stock d’urgence de médicaments essentiels, de kits d’accouchement et de matériel nécessaire à la transfusion constitue une priorité immédiate.

Dans une zone où l’accès aux structures sanitaires est déjà compliqué par l’éloignement, la disponibilité des produits et consommables indispensables peut peser lourd dans la prise en charge des urgences.

2. Renforcer le plateau technique, notamment pour la santé maternelle et infantile – Sur le plan technique, le centre sollicite une deuxième table d’accouchement, un autoclave pour la stérilisation du matériel, un kit de chirurgie mineure et les équipements de base nécessaires à la prise en charge chirurgicale obstétricale, notamment en cas de césarienne, ainsi qu’une couveuse pour les nouveau-nés qui en auraient besoin.

3. Garantir l’eau et l’assainissement – Un forage, un château d’eau et un système d’assainissement répondant aux normes sont nécessaires pour garantir des conditions satisfaisantes d’hygiène et de fonctionnement.

L’accès à l’eau constitue un élément essentiel de la prévention des infections et de la sécurité des soins.

4. Assurer l’autonomie énergétique du centre – Faute d’alimentation électrique stable, le centre réclame des panneaux solaires de forte capacité et un groupe électrogène afin de sécuriser le fonctionnement de ses équipements.

La continuité de l’énergie est particulièrement importante pour les appareils médicaux et les équipements dont le fonctionnement ne peut être interrompu sans risque.

5. Renforcer les compétences du personnel soignant – Les infrastructures et les équipements ne suffisent pas, à eux seuls, à garantir la qualité des soins. Le renforcement des compétences du personnel soignant local, à travers la formation continue et le développement de ses capacités, figure donc parmi les priorités.

6. Obtenir l’homologation officielle et se conformer aux normes sanitaires – L’initiatrice recherche un accompagnement technique pour aligner le centre sur les exigences du Plan national de développement sanitaire (PNDS) et obtenir son homologation officielle. Cette démarche doit contribuer à inscrire durablement la structure dans le cadre réglementaire et les exigences de qualité applicables aux établissements de santé.

Un appel aux partenaires pour consolider l’effort initial

C’est à ce stade que Jean Léonard Tshikangu entend élargir le cercle de soutien autour de son initiative. Après avoir financé la construction et les premiers équipements sur fonds propres, elle appelle à la mobilisation des partenaires susceptibles d’accompagner la montée en puissance du centre.

Cet appel s’adresse aux personnes de bonne volonté, aux entreprises, aux organisations philanthropiques, aux acteurs de la coopération et aux partenaires du secteur de la santé. L’enjeu est de transformer un investissement privé déjà réalisé en une capacité sanitaire durable, mieux équipée et adaptée aux besoins de la population.

La démarche repose sur une logique simple : l’effort initial existe, les premiers équipements sont en place et les besoins complémentaires sont identifiés. Le soutien recherché doit désormais permettre de combler les lacunes techniques et logistiques qui limitent encore les capacités du centre.

La priorité ne consiste donc pas uniquement à ajouter du matériel, mais à consolider l’ensemble de la chaîne de soins : équipements adaptés, médicaments disponibles, énergie fiable, accès à l’eau, hygiène, personnel formé et conformité aux normes sanitaires.

À Tshimpoko, l’urgence est de faire durer l’espoir

L’inauguration du Centre Médical de Tshimpoko ouvre une perspective concrète pour une population longtemps confrontée à l’éloignement des structures de santé. Mais la portée de cette initiative portée par Marie Claire Odia Tshikangu dépendra désormais de sa capacité à franchir une nouvelle étape : passer d’un centre doté d’équipements de base à une structure suffisamment renforcée pour assurer une prise en charge plus complète et plus sûre.

Dans cette partie du Kasaï Oriental, la solidarité attendue ne relève pas d’un geste symbolique. Elle doit répondre à des besoins précis, directement liés au fonctionnement quotidien d’une infrastructure sanitaire destinée à plus de 25 000 habitants.

Le bâtiment est construit, les premiers équipements sont installés et l’activité peut s’appuyer sur une base matérielle déjà constituée. Reste à réunir les moyens nécessaires pour consolider cet acquis et lui donner toute sa portée.

À Tshimpoko, le premier pari de Tshikangu Mukaba a été gagné grâce aux fonds propres. Le suivant est collectif : faire en sorte que la distance, le manque d’équipements ou l’absence de ressources essentielles ne continuent pas à compromettre l’accès aux soins.

Albert Osako

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