Une nouvelle étape diplomatique s’ouvre pour la République démocratique du Congo. La Première ministre Judith Suminwa Tuluka a officiellement saisi le Parlement congolais afin d’engager la ratification de l’accord de paix conclu avec le Rwanda et le partenariat stratégique signé avec les États-Unis.
Ce samedi, pour ce faire, la cheffe du gouvernement s’est rendue successivement auprès des présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat.
La démarche, souligne la Première ministre, répond à une exigence constitutionnelle.
« Je suis venue accomplir un devoir constitutionnel : déposer les projets de loi ratifiant ces accords auprès des deux chambres du Parlement », a-t-elle déclaré.
La cheffe du gouvernement était accompagnée d’une délégation composée notamment du vice-premier ministre de l’Intérieur Jacquemain Shabani, du ministre d’État chargé des relations avec le Parlement Guy Loando, du ministre de la communication Patrick Muyaya, de la ministre du portefeuille Julie Shiku et de la vice-ministre des affaires étrangères Noella Ayeganagato.
Cette initiative s’inscrit dans la stratégie diplomatique impulsée par le président Félix Tshisekedi, promoteur d’un rapprochement avec Washington et d’une relance des mécanismes de paix dans la région des Grands Lacs.
Selon Judith Suminwa, le calendrier de dépôt des textes tient également à l’évolution des négociations. L’accord de paix signé en juin a été complété en décembre par une annexe consacrée à l’intégration régionale, rendant possible la transmission de l’ensemble du dispositif juridique au Parlement. « Nous avons voulu que les élus puissent disposer de tous les éléments afin d’être pleinement informés du contenu de ces accords », a-t-elle expliqué.
Paix à l’Est et repositionnement stratégique
Au-delà de la procédure parlementaire, ces accords s’inscrivent dans une ambition plus large : stabiliser durablement l’est de la RDC, une région marquée depuis des décennies par des conflits armés et des tensions transfrontalières. Pour le Gouvernement, l’accord conclu avec Kigali doit contribuer à réduire les tensions régionales et à renforcer la sécurité dans la zone des Grands Lacs.
Quant au partenariat avec Washington, il vise à structurer une coopération stratégique autour du développement économique, de la sécurité et de la gouvernance.
« Tout ce qui a été entrepris l’a été au bénéfice du peuple congolais, particulièrement celui de l’Est, pour la paix », a affirmé la Première ministre qui a ajouté : « Ce processus doit nous permettre de consolider notre souveraineté et notre intégrité territoriale tout en ouvrant des perspectives de développement. »
Le dépôt de ces textes intervient à quelques jours de la rentrée parlementaire prévue le 15 mars, période durant laquelle députés et sénateurs seront appelés à examiner le contenu de ces accords. Cette étape doit permettre de renforcer la légitimité politique du processus engagé, en associant pleinement les représentants de la nation à une décision aux implications diplomatiques et stratégiques majeures.
À la veille de la Journée internationale des droits des femmes, la visite de Judith Suminwa au Parlement a également donné lieu à un geste symbolique : les présidents des deux chambres lui ont remis un présent en hommage au leadership féminin au sommet de l’État congolais. Mais derrière ce moment protocolaire se joue une séquence politique d’importance. La ratification parlementaire pourrait sceller un tournant diplomatique pour la RDC, à la croisée de deux priorités : la pacification de l’Est et le repositionnement stratégique du pays sur l’échiquier international.
CG

