Le sponsoring peut être un sport de haut niveau, mais pour Didier Budimbu Ntubuanga, ministre des Sports et Loisirs de la RDC, il semblerait que la balle soit sortie du terrain… et de l’éthique. Le contrat de sponsoring entre l’État congolais et l’AS Monaco, intitulé sobrement « RDC, Cœur d’Afrique », se retrouve aujourd’hui au centre d’une tempête judiciaire franco-monégasque digne d’un scénario de feuilleton politico-financier.
Tout a commencé par une simple plainte déposée en France par deux ressortissants congolais, qui n’ont visiblement pas apprécié que les 4,8 millions d’euros du contribuable congolais s’envolent… sans que personne ne sache trop où ils atterrissaient. Le Parquet National Financier (PNF) français a pris le dossier très au sérieux et, dès février 2026, a transmis le tout aux autorités judiciaires monégasques.
Depuis, Monaco s’active : enquête ouverte, recherches sur des rétro-commissions éventuelles, et suspicions de détournement de fonds et de corruption.
Le sponsoring ou l’art de jeter l’argent par les fenêtres
Le contrat « RDC, Cœur d’Afrique » promettait de promouvoir le pays sur les maillots et supports de communication de l’ASM. Un joli coup marketing… si seulement quelqu’un avait vu un retour concret sur investissement. La plainte dénonce en effet une absence criante de contreparties tangibles, laissant les millions d’euros flotter dans le ciel monégasque comme un ballon de match qui n’atterrit jamais.
Thiago Scuro, alors directeur général de l’AS Monaco, avait donné son feu vert en juin 2025. Le club, fidèle à son sens du fair-play juridique, se dit désormais « à disposition » des enquêteurs.
Dans le jargon des stades, on pourrait parler d’une passe en retrait… plutôt que d’un tir cadré.
Didier Budimbu dans la tourmente
Le ministre Budimbu, qui avait initié le projet, voit son nom cité dans la plainte comme s’il avait mis le ballon directement dans ses poches. Le ministère, quant à lui, a publié un communiqué officiel le 18 février 2026, rejetant toutes les accusations et affirmant la légalité du partenariat.
Mais entre le terrain juridique et le terrain politique, le marquage est serré, et la défense ressemble à un hors-jeu difficile à justifier.
Les acteurs de la partie
Me Hervé Diakiese, avocat kinois et proche de l’opposant Moïse Katumbi, représente les plaignants. Ses interventions ont donné le ton médiatique, transformant un contrat de sponsoring en véritable feuilleton à suspense.
Stéphane Thibault, procureur général de Monaco, mène l’enquête pour éclaircir le mystère des fonds disparus.
Romain Molina, journaliste d’investigation, a déjà soufflé sur les braises en révélant une publicité « coquille vide » qui a contribué à la médiatisation du dossier.
Le public attend le coup de sifflet final
Alors que l’enquête se concentre sur l’existence de rétro-commissions et sur l’absence de ligne budgétaire spécifique pour financer ce contrat, Didier Budimbu se retrouve sous les projecteurs, pris entre le fair-play politique et le hors-jeu judiciaire. Pour l’instant, le ministre des Sports semble courir derrière le ballon de la vérité… mais à ce rythme, le match risque de se terminer en prolongations.
Entre Monaco et Kinshasa, la partie ne fait que commencer. Et le public congolais, lui, regarde le spectacle depuis les tribunes, avec un mélange de consternation et d’ironie : le sponsoring n’a jamais paru aussi… malodorant.
Congo Guardian

