RDC : Kinshasa annonce un workshop national pour moderniser son partenariat avec la CNUCED

Réuni le 27 février 2026 à la Cité de l’Union Africaine sous la présidence de Félix Tshisekedi, le Conseil des ministres de la République démocratique du Congo (RDC) a consacré un point stratégique à la politique de commerce extérieur. Au cœur des discussions : la modernisation du partenariat avec la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED) et l’accélération des réformes liées à la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).

Dans un contexte de recomposition des chaînes de valeur mondiales et de mise en œuvre progressive de la ZLECAf, Kinshasa entend repositionner ses frontières et ses capacités productives comme des leviers d’intégration régionale et de transformation économique.

Un workshop national pour moderniser le partenariat RDC–CNUCED

Le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, a informé le Conseil de l’organisation, à Kinshasa, les 17 et 18 mars 2026, d’un workshop national de haut niveau consacré à la modernisation du partenariat entre la RDC et la CNUCED. Selon le compte rendu officiel, cette rencontre portera sur « les politiques de renforcement des capacités productives », avec un accent particulier sur « l’industrialisation, la diversification économique et la croissance inclusive ».

Elle constitue, toujours selon la note présentée au Conseil, « une étape opérationnelle majeure dans la mise en œuvre du Programme de Développement des Capacités Productives ».

Les bases « institutionnelles, techniques et financières » du programme ont déjà été posées. Le workshop doit désormais permettre de traduire ces fondations en feuille de route concrète, en mobilisant les acteurs publics et privés autour d’une stratégie cohérente d’industrialisation.

Le ministre a ainsi sollicité « l’accompagnement du Gouvernement pour la réussite de ce programme stratégique pour l’avenir de notre pays », soulignant l’enjeu central de la montée en gamme productive dans un pays encore largement dépendant des exportations de matières premières.

ZLECAf : vers une modernisation intégrée des frontières

Le deuxième volet de la note d’information concernait la réunion stratégique tenue le 18 février 2026 à Dubaï dans le cadre de la ZLECAf – Dubaï 2026. Celle-ci est décrite comme « une étape déterminante vers la transformation structurelle des frontières africaines en leviers de croissance et d’intégration régionale ».

D’après le rapport présenté au Conseil, la position défendue par la délégation congolaise repose sur « une modernisation intégrée des frontières, combinant infrastructures physiques de nouvelle génération et digitalisation complète des procédures ».

L’objectif est double : fluidifier les échanges transfrontaliers et renforcer la compétitivité du pays dans le commerce intra-africain, tout en améliorant la transparence et la traçabilité des flux commerciaux.

Le ministre a détaillé « les décisions et engagements pris, les impacts attendus et enjeux stratégiques ainsi que les perspectives et le plan d’action 2026-2027 », inscrivant cette dynamique dans une vision à moyen terme alignée sur les ambitions continentales de la ZLECAf.

Partenariats public-privé et transformation structurelle

La note met également en avant l’« accélération de la modernisation des postes frontaliers et l’opérationnalisation des Partenariats Publics-Privés (PPP) ». Cette approche vise à mobiliser des capitaux et une expertise privée pour moderniser des infrastructures souvent jugées obsolètes, tout en intégrant des outils numériques pour simplifier et sécuriser les procédures douanières.

Pour la RDC, pays-continent au cœur de l’Afrique centrale, la modernisation des frontières est un enjeu stratégique. Elle conditionne non seulement la performance commerciale, mais aussi l’intégration régionale et la diversification économique, dans un environnement continental en mutation rapide.

À l’issue de la présentation, « le Conseil a pris acte de cette note d’information ». Reste désormais à traduire ces orientations en réformes opérationnelles, dans un calendrier où 2026 et 2027 apparaissent comme des années charnières pour l’ancrage effectif de la RDC dans les nouvelles dynamiques commerciales africaines.

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