Conseil des ministres : Pas satisfait du rendement de l’exécutif sur ses instructions, Tshisekedi exige plus de célérité et de visibilité

À la Cité de l’Union Africaine, le ton n’était ni à la complaisance ni aux autosatisfecit ce vendredi 27 février 2026. Lors de la 80e réunion ordinaire du Conseil des ministres, le Président de la République, Félix Tshisekedi, a visiblement décidé de rappeler à son gouvernement que les instructions présidentielles ne sont ni des suggestions poétiques ni des vœux pieux.

Dans sa communication, le Chef de l’État a martelé qu’il « tient à une mise en œuvre diligente, rigoureuse et conforme à ses instructions données lors des réunions successives du Conseil des Ministres », selon le compte-rendu du Conseil des ministres.

En d’autres termes : assez de promesses, place aux résultats.

Le Président n’a pas fait dans la demi-mesure. Ses directives, a-t-il rappelé, « procèdent directement de sa vision et de ses priorités stratégiques ». Elles « engagent, sans équivoque, la responsabilité tant collective qu’individuelle des Membres du Gouvernement ainsi que de l’ensemble des Institutions concernées ».

Traduction politique : chacun est comptable, et personne ne pourra se réfugier derrière le flou administratif.

Félix Tshisekedi a insisté, toujours aux termes du compte rendu : cela constitue « une exigence fondamentale de bonne gouvernance, de crédibilité de l’action publique et d’efficacité de l’État ».

L’heure n’est plus aux discours bien calibrés, mais à la matérialisation concrète des décisions prises autour de la table du Conseil.

« Le contraire ne saurait, en aucun cas, être toléré »

Le Chef de l’État a également attiré l’attention des membres du Gouvernement sur « l’impérieuse nécessité de délivrer les résultats dans le temps leur imparti ». Objectif : garantir « la cohérence de l’action gouvernementale », « l’atteinte des objectifs assignés » et surtout « la redevabilité à l’égard du peuple Congolais, seul détenteur de la souveraineté ».

Et de prévenir : « Le contraire ne saurait, en aucun cas, être toléré dans le contexte actuel, marqué par une exigence accrue de résultats concrets, mesurables, vérifiables et perceptibles par les citoyens. »

Le message est sans équivoque : les Congolais veulent voir, toucher, constater.

Inventaire, évaluation… et mesures correctives

Pour éviter que certaines instructions ne s’évaporent dans les méandres bureaucratiques, la Première Ministre a été chargée « de procéder à un inventaire exhaustif, méthodique et documenté de l’ensemble des instructions présidentielles issues des réunions du Conseil des Ministres ». Le Président a souligné que cette démarche s’inscrit dans « une logique de redevabilité, d’évaluation objective et transparente des performances individuelles et institutionnelles, ainsi que de renforcement de la discipline, de la rigueur et de la responsabilité gouvernementales ».

Et parce qu’un inventaire sans conséquences n’est qu’un exercice académique, il a averti : cet exercice conduira, « le cas échéant, à des options, des décisions subséquentes et des mesures appropriées, y compris correctives, afin de garantir un rendement optimal conforme à ses attentes, aux engagements pris devant la Nation et aux exigences supérieures de l’intérêt général ».

En clair : la patience présidentielle a ses limites.

Le Conseil prend acte… mais le Président exige des actes

Comme le veut la formule consacrée, « le Conseil a pris acte ». Mais cette fois, le Chef de l’État semble vouloir que l’exécutif prenne surtout… des initiatives et des responsabilités, et produise des actes.

Dans un contexte national où l’opinion publique scrute la performance gouvernementale avec une exigence accrue, cette sortie présidentielle sonne comme un rappel à l’ordre général. Vendredi à la Cité de l’Union Africaine, le mot d’ordre n’était pas la routine administrative, mais la performance mesurable. Car, à bien comprendre le Président, l’heure n’est plus aux intentions : elle est aux comptes.

Jonas Eugène Kota

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