Mining Indaba 2026 : Louis Watum réaffirme la souveraineté de la RDC sur ses minerais malgré l’accord stratégique avec les USA

La République démocratique du Congo (RDC) n’exclut pas de se tourner vers d’autres partenaires si le cadre de coopération minière conclu avec les États-Unis ne débouche pas sur des projets concrets. C’est le message sans ambiguïté adressé mercredi par le ministre congolais des Mines, Louis Watum Kabamba, en marge de la conférence Investing in African Mining Indaba au Cap, indique une dépêche de l’agence britannique Reuters.

« Tout ce que nous avons fait avec l’Amérique est un cadre dans lequel nous discuterons de questions d’intérêt mutuel. C’est tout », a déclaré le ministre. « Cela peut devenir un grand projet. Cela peut aussi devenir un projet qui ne les intéresse pas. Nous continuerons, car il y a beaucoup d’autres partenaires avec qui discuter », a-t-il poursuivi.

Un cadre encore préliminaire

En décembre dernier, Kinshasa et Washington ont signé un accord-cadre visant à développer une chaîne d’approvisionnement en minerais critiques — cobalt, cuivre, lithium — indispensables aux centres de données, aux industries de défense et aux véhicules électriques.

Pour les États-Unis, l’enjeu est stratégique : sécuriser l’accès à ces ressources face à la domination croissante de la Chine dans les chaînes de valeur mondiales des minerais essentiels à la transition énergétique et aux technologies avancées.

Mais du côté congolais, le ministre insiste sur le caractère exploratoire de l’arrangement. « Pour ceux qui pensent que nous allons tout vendre pour rien à l’Amérique, je dois être très clair : nous n’avons rien vendu. Et nous ne vendrons rien pour rien », a martelé Louis Watum Kabamba.

Un sous-sol encore largement inexploité

La RDC, qui abrite certaines des plus importantes réserves mondiales de cobalt et de cuivre, estime que son potentiel minier est aujourd’hui exploité à moins de 10 %. Le pays accueille déjà de grands groupes internationaux, parmi lesquels les sociétés cotées en Occident Glencore et Ivanhoe Mines, ainsi que les groupes chinois CMOC et Zijin Mining.

Dans ce contexte de rivalité géoéconomique entre Pékin et Washington, Kinshasa cherche à affirmer une ligne d’autonomie stratégique.

« La rivalité entre la Chine et les États-Unis ne nous intéresse pas. Nous devons jouer notre propre jeu en tant que RDC », a souligné le ministre avant d’ajouter : « Nous avons nos propres problèmes. Nous devons nourrir notre population. Nous devons investir dans le capital humain de notre jeunesse. »

Une diplomatie minière à plusieurs bandes

Les déclarations du ministre traduisent une stratégie d’équilibre : tirer parti de la concurrence entre grandes puissances pour maximiser les retombées économiques nationales. Kinshasa entend conditionner tout partenariat à des investissements tangibles, à la création de valeur locale et au développement d’infrastructures.

Dans un marché mondial marqué par l’intensification de la course aux minerais critiques, la RDC rappelle ainsi que l’accord stratégique avec Washington ne constitue ni un alignement automatique ni un transfert d’actifs, mais un levier parmi d’autres au service de ses priorités nationales. À Mining Indaba 2026, Louis Watum Kabamba a ainsi posé un principe clair : la coopération est ouverte, mais la souveraineté sur les ressources reste non négociable.

JEK

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