RDC – Manipulation ethnique : François Rubota sermonne Moïse Nyarugabo et démonte la thèse d’une marginalisation des Tutsis congolais

Dans un message d’une rare fermeté, le ministre honoraire François Rubota a interpellé le sénateur Moïse Nyarugabo, l’accusant de tenir à Kamanyola un discours « guerrier », « arrogant » et dangereux pour la cohésion nationale. Rubota fustige une rhétorique qu’il qualifie de divisionniste, tout en rejetant catégoriquement l’idée d’une supposée exclusion institutionnelle des Tutsis congolais, dont les Banyamulenge.

Dans son interpellation publique, Rubota dit avoir été « choqué » par le ton employé par Nyarugabo, allant jusqu’à douter qu’il s’agissait réellement de l’homme politique qu’il connaît « très bien », mais qui tend à s’afficher comme une »intelligence artificielle ». « Un tel discours plein d’arrogance détruit la cohésion sociale que moi je prêche toute ma vie », déplore-t-il.

Une mise en garde contre les « manipulations » régionales

François Rubota accuse Moïse Nyarugabo d’être influencé par Kigali, estimant que le Rwanda « manipule et instrumentalise » certains leaders du Sud-Kivu depuis des décennies. Il rappelle que les conflits persistants dans la région remontent à 1996 et n’ont apporté que « destruction, épuisement et morts ».

Citant le président burundais Évariste Ndayishimiye, Rubota souligne :« N’eût été les différentes interventions du Rwanda, le vivre ensemble serait déjà obtenu. »

Un démenti point par point de la thèse de marginalisation

Rubota dresse un inventaire des fonctions publiques, militaires et politiques occupées par des Congolais tutsis, rejetant l’argument d’une discrimination structurelle :

  • Directeurs de cabinet à la Présidence
  • Présidents-directeurs généraux d’entreprises publiques
  • Membres du Comité central
  • Vice-présidents
  • Sénateurs et ministres d’État
  • Députés nationaux
  • Officiers supérieurs des FARDC et de la Police nationale
  • Un ancien Commissaire général de la PNC
  • Des dirigeants sportifs, notamment d’un club de Kinshasa

Et cette question qui claque comme un fouet : « Comment pouvez-vous rester insatisfaits à ce niveau, interroge Rubota, pendant que d’autres tribus entières n’ont jamais rien obtenu et ne recourent ni à la violence ni à la guerre ? »

Il rappelle également que lors de la prise de pouvoir du FPR au Rwanda en 1994, de nombreux Tutsis résidant à Kinshasa et dans plusieurs provinces congolaises avaient choisi de retourner volontairement au Rwanda. « Je sais où ils habitaient, tant en RDC qu’au Rwanda », affirme-t-il.

Appel au retour d’Uvira et à la fin de la victimisation

Dans une mise au point directe, François Rubota invite Moïse Nyarugabo à encourager les Banyamulenge à « rentrer vivre calmement à Uvira » et à renoncer à « une politique de victimisation permanente ». Il souligne que Nyarugabo lui-même a été élu sénateur à Kinshasa, preuve, selon lui, d’une pleine participation politique.

Puis ajoute :« Dites-moi qui a attaqué les villages des moyens et hauts plateaux avant 1990 ? Soyons reconnaissants. Nous connaissons tous la vérité sur ce qui se passe chez nous. »

Un appel pressant à construire la paix

Le message se conclut sur un appel vibrant à la responsabilité morale : « Arrêtez avec ces discours. Bâtissons la paix et le vivre ensemble. Les gens meurent, d’autres restent handicapés dans leurs corps et leurs cœurs. Vous dites connaître Dieu, mais ces tueries, où les emmènerez-vous au dernier jour ? »

François Rubota exhorte enfin Moïse Nyarugabo à « couper le cordon ombilical » qui le lierait au Rwanda, l’invitant à se « ressaisir » et à privilégier les intérêts de la RDC.

JEK

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