La RDC à Davos : Mukoko Samba revendique son statut de “pays-solutions” venu attirer des partenariats stratégiques

La République démocratique du Congo a profité de la 56ᵉ Réunion annuelle du Forum économique mondial pour réaffirmer son ambition : ne plus être perçue uniquement comme un réservoir de matières premières, mais comme un acteur économique stratégique capable de structurer des partenariats, d’assurer la stabilité régionale et d’impulser une transition industrielle.

Conduite par le Vice-Premier Ministre et Ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, la délégation congolaise a porté un message résolument offensif lors d’une conférence et d’une soirée officielle organisées à Davos.

Un positionnement assumé : de pays-ressources à pays-solutions

S’exprimant aux côtés du VPM de l’Intérieur, Jacquemain Shabani Lukoo, et du Ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, Daniel Mukoko Samba a inscrit l’intervention congolaise dans la vision du Président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo : faire de la RDC un “pays-solutions” aux défis mondiaux, qu’il s’agisse de transition énergétique, de sécurité régionale ou de création de chaînes de valeur locales.

À Davos, les autorités ont insisté sur la nécessité de rompre avec le modèle extractif traditionnel, qui externalisait la quasi-totalité de la valeur ajoutée. Désormais, Kinshasa réclame des partenariats alignés sur trois priorités : transformation locale ; contrats industriels de long terme et transfert de compétences.

« La RDC entend dépasser son rôle historique de fournisseur de matières premières pour s’affirmer comme un acteur stratégique à part entière », a rappelé Mukoko Samba.

Sécurité, énergie, infrastructures : les prérequis d’une industrialisation contrôlée

Les échanges à Davos ont également mis en lumière la stratégie congolaise de pacification et de développement. Le Gouvernement a présenté la paix non comme une intention, mais comme une politique publique adossée à des mécanismes concrets, essentielle pour libérer les investissements.

L’industrialisation du pays, ont souligné les autorités, repose sur un triptyque incontournable : sécurité consolidée ; infrastructures adaptées et accès fiable à l’énergie.

Les projets structurants mis en avant s’inscrivent dans une architecture économique cohérente et intégrée, conçue pour soutenir la montée en gamme de l’économie congolaise.

Transformation du secteur minier : transparence, valeur locale et traçabilité

La conférence de presse a, par ailleurs, permis de revenir longuement sur la transformation du secteur minier, levier économique majeur du pays. Parmi les priorités présentées : la transformation locale des minerais stratégiques ;lm l’encadrement de l’artisanat minier ; une gouvernance renforcée ; ainsi que des exigences accrues en matière de traçabilité.

L’objectif, dans cette perspective, est de sortir d’un système hérité où la chaîne de valeur se construisait principalement à l’étranger, pour donner à la RDC un rôle moteur dans la transition énergétique mondiale.

DRC – Heart of Africa : la diplomatie économique en vitrine

En marge des travaux, la soirée “DRC – Heart of Africa” a réuni partenaires institutionnels, investisseurs et acteurs économiques. La RDC s’y est présentée comme un territoire ouvert à des partenariats sérieux, productifs et alignés sur ses priorités nationales.

Le message a été clair : les investisseurs sont les bienvenus, mais uniquement dans une logique de création de valeur sur le sol congolais et de coopération durable.

Contrairement aux éditions précédentes, la participation congolaise à Davos ne s’est pas limitée à une présence symbolique. Elle a servi de plateforme pour promouvoir la vision d’un pays-solutions ; attirer des investissements stratégiques, notamment dans l’énergie, les infrastructures et la transformation minière ; rappeler la centralité de la paix dans la région des Grands Lacs.

« À Davos, la RDC n’a pas cherché une vitrine, mais un espace de négociation pour des partenariats structurants ».

En réaffirmant sa volonté de contribuer aux grandes réponses globales—climat, transition énergétique, sécurité, industrialisation—la RDC entend se positionner comme un acteur clé de l’économie mondiale.

Le message porté par Daniel Mukoko Samba à Davos est sans ambiguïté : la RDC ne veut plus être observée ; elle veut être un interlocuteur incontournable.

JEK

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