Des scènes de pillages ont été observées dimanche 18 janvier à Uvira, au Sud-Kivu, peu après le retrait des derniers éléments de l’AFC/M23 et à l’entrée des milices Wazalendo puis des FARDC dans la ville. Contrairement aux allégations parties et initialement relayées par des sources rwandaises, ces actes n’étaient ni l’œuvre des forces régulières congolaises, ni celle des milices alliées, mais d’une frange de la population locale cherchant à effacer les symboles d’une occupation vécue comme humiliante depuis le 10 décembre 2025.
Une désinformation partie de Kigali
Dès les premières minutes ayant suivi la retraite de l’AFC/M23, certains comptes issus de l’appareil d’État rwandais ont attribué les scènes de pillages tantôt aux FARDC, tantôt aux Wazalendo. Et cet élan donné a vite été relayée par divers relais numériques, mais qui s’est révélée infondée.
Ces imputations apparaissent désormais comme une tentative manifeste de détourner l’attention de l’expression populaire de rejet envers les forces qui se présentaient comme “libératrices”, mais dont la présence à Uvira était largement perçue comme une occupation étrangère.
Une population exaspérée par plus d’un mois d’occupation
Selon les informations recoupées auprès de témoins locaux et rapportées notamment par notre consœur RFI, les pillages se sont principalement concentrés sur des bâtiments administratifs occupés par les cadres et services de l’AFC/M23 pendant la période d’occupation, ainsi que certains domiciles réquisitionnés par ces mêmes cadres depuis le 10 décembre 2025.
Palais de Justice, bureaux étatiques, installations au port de Kalundu… ces lieux ont été pris pour cible, non pour des raisons personnelles ou communautaires, mais comme manifestations de colère contre les traces laissées par ceux que la population considérait comme des “envahisseurs”.
Wazalendo et FARDC : une arrivée encadrée, sans implication dans les pillages
Les Wazalendo ont fait leur entrée à Uvira tôt dans la matinée, tirant quelques coups de feu en l’air pour vérifier la présence éventuelle de combattants retranchés du M23. Aucune réplique n’a été enregistrée. Les FARDC, de leur côté, sont arrivées dans l’après-midi, déployant des unités dans plusieurs quartiers et au port de Kalundu.
Les forces congolaises, munies de mégaphones, ont rapidement tenté de mettre fin aux débordements constatés dans certains quartiers. La situation s’est d’ailleurs apaisée dès la tombée de la nuit.
Aucune source crédible sur le terrain n’a attribué les pillages aux Wazalendo ou aux FARDC.
Un “ouf de soulagement” pour Uvira
Le retrait de l’AFC/M23 a été accueilli avec un véritable soupir de soulagement, comme en témoignent plusieurs habitants interrogés.
La consœur RFI rapporte notamment les propos d’Idrissa Baleke : « C’est un ouf de soulagement vraiment pour la population d’Uvira et pour l’État congolais parce que la rébellion n’est pas une bonne chose. Les wazalendo sont les bienvenus chez eux à Uvira. »
Toutefois, d’autres habitants, comme Christophe, rappellent que le calme relatif observé pendant l’occupation ne doit pas occulter la nécessité de reconstruire une paix durable et une cohésion sociale.
Vers un retour à l’autorité de l’État
Pour la société civile, ces incidents — bien que rapidement contenus — montrent l’urgence de rétablir l’autorité de l’État.
Dunia Amisi, acteur local, insiste : « Nous condamnons fermement les cas des vols signalés par certaines personnes. Nous recommandons aux autorités de rétablir d’urgence l’ordre et d’imposer l’autorité de l’État afin de maintenir la sécurité dans la ville d’Uvira. »
Pendant ce temps, les combattants de l’AFC/M23 se seraient repliés vers Sange, à une vingtaine de kilomètres au nord, tandis que le poste frontalier de Kavimvira reste sous contrôle conjoint des habitants et des Wazalendo.
JDW

