Face à la gravité de la situation à Uvira, frappée par les atrocités commises par l’armée rwandaise et l’AFC-M23, la Première Ministre Judith Suminwa Tuluka a réuni en urgence, ce lundi à l’immeuble du Gouvernement, les principaux piliers institutionnels de l’État.
Une réunion exceptionnelle tenue dans un contexte particulier : la journée avait été déclarée chômée, mais la Cheffe du Gouvernement a fait prévaloir la priorité nationale et la nécessité d’une coordination rapide des actions humanitaires, sécuritaires et judiciaires.

Autour d’elle, se sont retrouvés le Vice-premier Ministre de la Défense, des représentants de la Justice, les ministres des Finances, de la Communication et Médias, des Affaires étrangères (Francophonie et Diaspora), ainsi que le Vice-ministre des Affaires coutumières. Plusieurs experts sectoriels, les services spécialisés de l’État, dont la DGM et les services de sécurité, étaient également présents.
Selon le porte-parole du Gouvernement, Patrick Muyaya, cette réunion constitue la première étape d’un mécanisme permanent de suivi, directement piloté par la Première Ministre.
Restauration de l’autorité de l’État : priorité absolue
Au cœur des échanges : la situation sécuritaire explosive à Uvira.
Le Gouvernement a insisté sur un point essentiel : le retrait annoncé de l’ennemi ne suffit pas. La priorité est de garantir une réinstallation progressive, sécurisée et complète de l’ensemble des services de l’État, alors que la ville demeure infiltrée.
« Il ne suffit pas de dire qu’ils se retirent. Il faut s’assurer que les services de l’État sont pleinement réinstallés », a martelé Patrick Muyaya.
Cette réinstallation dépendra de la consolidation d’un périmètre de sécurité assuré par les FARDC, suivie d’une sécurisation fine par la PNC jusque dans les périphéries de la ville.
Le retour du Gouverneur et des autorités provinciales se fera lorsque les conditions seront pleinement réunies.
Humanitaire : 267 000 personnes déracinées, dont 12 000 enfants seuls
La crise humanitaire à Uvira est d’une ampleur majeure :267 000 réfugiés et déplacés, dont 12 000 enfants non accompagnés, ont été identifiés.
La DGM, les ministères de l’Intérieur et des Affaires sociales ont été instruits de préparer les conditions d’un retour progressif, notamment la réhabilitation des postes frontaliers, l’évaluation du parc d’habitations détruites ou occupées et la sécurisation des zones de retour.
Le Gouvernement a prévenu : aucun retour massif et précipité ne sera autorisé sans une évaluation stricte des risques humanitaires, afin de protéger les populations déjà traumatisées.
Justice et cohésion sociale : un axe incontournable de la gestion de crise
La dimension judiciaire a également occupé une place majeure.
La Première Ministre a insisté sur la nécessité de sanctionner les crimes graves commis à Uvira, afin de combattre l’impunité et prévenir toute répétition.
Le Gouvernement a également salué l’attitude responsable des communautés locales, qui ont refusé les tentatives d’instrumentalisation. Le message est clair : aucune stigmatisation communautaire ne sera tolérée. La cohésion sociale doit être préservée pour empêcher toute exploitation par les ennemis de la République.
Une dynamique gouvernementale désormais enclenchée
Cette réunion d’urgence constitue le point de départ d’une coordination renforcée de l’État, articulée autour de trois axes : l’action humanitaire, la sécurisation complète d’Uvira ainsi que la justice et la cohésion nationale.
La Première Ministre Judith Suminwa entend piloter personnellement ce dispositif pour garantir la restauration durable de l’autorité de l’État, la protection des civils et le retour progressif à la stabilité dans la région.
JDW

