4 exigences de la RDC au Conseil de sécurité pour donner vie à la résolution 2773

À New York, la République démocratique du Congo a fait passer un message clair et sans équivoque au Conseil de sécurité de l’ONU : pour que la résolution 2773 soit réellement appliquée, des mesures concrètes sont désormais impératives. La ministre d’État congolaise des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, a présenté vendredi un ensemble d’exigences, pointant le vide d’action qui, selon Kinshasa, permet à la coalition M23–Rwanda de poursuivre ses offensives dans l’Est du pays.

Les quatre exigences prioritaires de la RDC

  1. Sanctions ciblées contre les responsables militaires et politiques des agressions dans l’Est de la RDC, afin de mettre fin à l’impunité.

2. Embargo total sur les minéraux exportés via le Rwanda, pour couper le financement des opérations militaires illégales.3. Révocation du statut de contributeur de troupes rwandaises aux opérations de maintien de la paix de l’ONU, afin de préserver la neutralité et la protection des civils.4. Mécanisme de notification systématique pour tout transfert d’armes vers le Rwanda, afin de prévenir l’acheminement d’armements utilisés contre la RDC.L’urgence dramatique sur le terrainDerrière ces exigences, la ministre a décrit une situation alarmante. « Une nouvelle ville est tombée. Des milliers de familles ont fui. D’autres ont été tuées, violées, terrorisées. Même la MONUSCO a été prise pour cible », a-t-elle rappelé, dénonçant un vide d’action de l’ONU qui a permis au Rwanda et à ses alliés de poursuivre et d’étendre leurs opérations. Plus de 500 000 déplacés supplémentaires dans le Sud-Kivu, bombardements, drones kamikazes sur des zones civiles, accès humanitaire entravé : pour Kinshasa, « l’engrenage de la violence poursuit son cours tant que les violations ne rencontrent aucune conséquence ».Mme Wagner a vivement interpellé le Conseil : « Ce Conseil ne peut se limiter à redire ses décisions. Il doit les faire appliquer. La résolution 2773 est pourtant très claire, mais ce qu’il manque, c’est une application réelle. Lorsque les violations ne sont pas punies, l’impunité devient la politique. »La RDC, un engagement constant pour la paixMalgré l’escalade et les provocations, Kinshasa affirme son attachement à la diplomatie et au droit international. « La RDC a volontairement choisi la voie de la diplomatie. Ce choix n’est ni une concession ni un signe de fragilité », a souligné Mme Wagner. Elle a rappelé l’engagement historique du pays dans les processus de paix régionaux et internationaux, de Washington à Doha en passant par Luanda, et insisté sur la nécessité d’une fermeté collective pour que les accords signés ne restent pas lettre morte.Pour la ministre, la situation dépasse la simple sécurité intérieure. Les attaques ont déjà touché le Burundi voisin, exposant toute la région des Grands Lacs à un risque d’escalade. « Aucun pays voisin ne peut être exposé à de telles attaques sans risque d’escalade », a-t-elle martelé, ajoutant que la stabilité régionale ne peut reposer sur des violations normalisées.Un appel sans détour à la communauté internationaleEn conclusion, la ministre a lancé un appel pressant : appliquer intégralement la résolution 2773, imposer des sanctions, renforcer le mandat onusien et protéger les civils ainsi que le personnel des Nations Unies. « Le peuple congolais a choisi la paix, il a négocié et signé la paix. Il ne doit pas payer le prix de la mauvaise foi de ceux qui tournent le dos à leurs engagements », a-t-elle affirmé.Le Conseil de sécurité est désormais confronté à un dilemme : agir pour restaurer sa crédibilité et protéger la population congolaise, ou laisser l’impunité continuer à alimenter la violence et le chaos dans l’Est de la RDC. Pour Kinshasa, la résolution 2773 doit passer du papier à la réalité.

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