RDC – Présidentielle 2028 : Moïse Katumbi, l’éternel candidat, ressort l’arme de la pression anticipée

De Londres à Bruxelles, l’histoire semble se répéter pour Moïse Katumbi. L’opposant congolais, qui n’a jamais cessé d’afficher ses ambitions présidentielles, remet déjà la pression sur le pouvoir de Félix Tshisekedi… pour 2028. En conclave à Bruxelles les 12 et 13 août, son parti Ensemble pour la République a sonné la mobilisation contre ce qu’il qualifie de « menace persistante » de glissement de mandat et de modification de la Constitution.

Ce n’est pas la première fois que Katumbi se projette aussi tôt dans la bataille électorale. Dès 2009, il mettait déjà en garde Joseph Kabila contre toute velléité d’extension de pouvoir, utilisant la métaphore des « trois penalties » pour prévenir contre un troisième mandat.

À l’époque, le message avait été lancé depuis Londres. Aujourd’hui, c’est depuis Bruxelles que l’ex-gouverneur du Katanga s’adresse à Tshisekedi, le prévenant contre un scénario similaire à celui de Kabila qui, en exploitant l’article 77 de la Constitution et un arrêt controversé de la Cour constitutionnelle, avait repoussé la présidentielle bien au-delà de son mandat légal.

Katumbi sait que ce terrain est glissant. Son parcours politique est jalonné de bras de fer avec les régimes successifs, souvent sur la question de sa nationalité.

En 2010, il avait été empêché de rentrer au pays sous menace d’arrestation. En 2023, il avait encore dû batailler pour éviter un rejet de candidature, cette fois face à un régime Tshisekedi qui, ironie du sort, l’avait soutenu en 2018 contre Kabila sur ce même sujet.

Aujourd’hui, Ensemble pour la République annonce un plan d’action musclé : mécanisme d’alerte contre les atteintes aux libertés publiques, campagne d’implantation nationale, fédération des forces du changement et alliance avec la société civile et la diaspora.

Katumbi ne cache pas son ambition : il veut incarner le pôle de résistance à ce qu’il dénonce comme une « dictature en gestation » et se positionner en alternative crédible pour 2028.

Reste à savoir si cette stratégie, menée depuis l’étranger, saura produire l’effet escompté dans un pays où il a toujours été farouchement combattu. Une chose est sûre : fidèle à son style, Moïse Katumbi n’attend jamais le coup d’envoi pour entrer sur le terrain.

JEK

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