Le gouvernement congolais entend accélérer la modernisation de son environnement commercial et renforcer son ancrage dans les mécanismes d’intégration économique africaine. Lors de la 97ᵉ réunion ordinaire du Conseil des ministres, tenue vendredi 28 août à Kinshasa sous la présidence de Félix-Antoine Tshisekedi, le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, a présenté une note d’information articulée autour de deux initiatives : la mise en service du Portail d’Informations Commerciales de la République démocratique du Congo et l’installation prochaine d’un bureau-pays de l’Agence de développement de l’Union africaine (AUDA-NEPAD).
Le premier chantier vise directement l’environnement des affaires. Le Portail d’Informations Commerciales doit permettre aux opérateurs économiques et aux investisseurs d’accéder, de manière structurée, aux procédures applicables, aux documents requis, aux administrations compétentes ainsi qu’aux principales exigences liées aux opérations d’importation, d’exportation et de transit des marchandises et des services.
Un outil pour rendre le commerce extérieur plus lisible
À travers cet instrument, le ministère du Commerce extérieur mise sur une meilleure circulation de l’information réglementaire et administrative. L’enjeu est notamment de réduire les difficultés liées à l’accès aux procédures et aux exigences qui encadrent les échanges commerciaux.
Selon la présentation faite au Conseil, le portail doit contribuer à quatre objectifs : davantage de transparence commerciale, la modernisation de l’administration, l’amélioration du climat des affaires et le respect des engagements internationaux de la RDC.
Cette digitalisation de l’information commerciale intervient dans un contexte où la simplification et la prévisibilité des procédures constituent des éléments déterminants pour les entreprises engagées dans le commerce transfrontalier.
Pour les investisseurs comme pour les opérateurs congolais, l’accès centralisé aux règles, documents et administrations compétentes peut ainsi constituer un outil de réduction de l’incertitude administrative.
AUDA-NEPAD : Kinshasa veut passer de bénéficiaire à co-architecte
Le second volet présenté par Julien Paluku porte sur la mise en œuvre de l’Agenda 2063 de l’Union africaine et l’installation d’un Bureau-Pays de l’Agence de développement de l’Union africaine (AUDA-NEPAD) en RDC. Selon le ministre du Commerce extérieur, cette implantation revêt une dimension stratégique pour la RDC, compte tenu à la fois de ses ressources et de sa position géographique au cœur de l’Afrique.
L’ambition est de permettre au pays de ne plus seulement être destinataire des programmes de planification panafricaine, mais de participer davantage à leur conception et à leur mise en œuvre.
Le futur bureau-pays est ainsi présenté comme une « centralité des enjeux », avec six axes de justification avancés par le ministre : le drainage de programmes phares tels que Grand Inga, le Corridor de Lobito et la ZLECAf, l’accès privilégié aux instruments continentaux, le renforcement de la crédibilité institutionnelle, la consolidation de la position de la RDC comme hub de l’Afrique centrale, son rôle dans la chaîne de valeur verte ainsi que le transfert de compétences et la montée en capacité technique.
Une articulation avec la Vision 2050
Cette démarche est présentée comme compatible avec les ambitions nationales de long terme. Le compte rendu du Conseil des ministres indique que la RDC entend rester ouverte aux opportunités susceptibles de lui permettre d’atteindre sa Vision 2050, traduite dans le Plan national stratégique de développement (PNSD) et alignée sur l’Agenda 2063 de l’Union africaine.
La logique défendue par le ministère du Commerce extérieur consiste donc à rapprocher les priorités nationales des grands instruments d’intégration économique du continent, alors que la RDC cherche parallèlement à renforcer ses corridors commerciaux, à accroître la transformation de ses ressources et à mieux s’insérer dans les chaînes de valeur africaines.
À l’issue de sa présentation, Julien Paluku a sollicité l’accompagnement du Gouvernement pour assurer non seulement l’appropriation, mais également la pérennisation des deux initiatives. Le Conseil des ministres a pris acte de la note d’information.
JEK

