Le projet du Corridor de Lobito a plus que jamais pris de la forme avec la signature, mercredi à Kinshasa de la concession devant permettre la réhabilitation du tronçon de la ligne ferroviaire congolaise, dans le cadre d’un partenariat stratégique soutenu par les États-Unis.
À la suite de cette signature, le Chargé d’Affaires américain en RDC, Ian McCary, a organisé une réception pour marquer cette étape présentée comme importante dans le partenariat entre Washington et Kinshasa. C’est ce que rapporte l’ambassade ce soir sur son compte X.
Le projet bénéficie d’un financement de 1 milliard de dollars du gouvernement américain et sera mis en œuvre par le groupe Mota-Engil, appelé à réhabiliter la ligne ferroviaire du Corridor de Lobito en RDC.
Cette infrastructure doit renforcer la connexion des exportations congolaises aux marchés internationaux en facilitant leur acheminement vers le port de Lobito, en Angola, et au-delà vers les marchés mondiaux.
Un corridor au-delà du transport des minerais
Pour les États-Unis, le projet ne se limite toutefois pas à la construction ou à la réhabilitation d’une voie ferrée. Washington présente le Corridor de Lobito comme un instrument susceptible de soutenir la croissance économique et la création d’emplois en RDC.
Selon le message porté à l’occasion de la réception organisée par Ian McCary, un corridor revitalisé doit notamment contribuer à améliorer l’accès à une alimentation électrique fiable pour les secteurs minier et agro-industriel, faciliter l’accès aux marchés internationaux et favoriser l’extension de la connectivité Internet à haut débit dans les communautés situées le long de son tracé.
Cette vision élargie du corridor rejoint les autres axes de coopération développés récemment entre la RDC et l’Angola, notamment dans les domaines de l’énergie et des infrastructures.
Le Président angolais João Lourenço, en visite de travail à Kinshasa, a notamment annoncé une coopération accrue dans le secteur électrique et la concrétisation de nouveaux accords liés au développement du Corridor de Lobito.
Les minerais critiques au cœur du partenariat
L’enjeu minier demeure néanmoins central dans la stratégie américaine. Les États-Unis considèrent l’accès sécurisé aux minerais critiques présents le long du corridor comme un facteur important de leur sécurité économique et nationale. Ces ressources sont essentielles à plusieurs chaînes industrielles mondiales, notamment dans les secteurs des technologies, de l’énergie et de la fabrication de produits à forte intensité technologique.
Washington estime ainsi que le développement du Corridor de Lobito peut contribuer à sécuriser les chaînes d’approvisionnement américaines tout en permettant à la RDC de mieux valoriser ses ressources naturelles.
L’enjeu pour Kinshasa consiste désormais à faire de cette infrastructure un véritable outil de transformation économique, en favorisant non seulement l’évacuation des minerais, mais également le développement de l’industrie, de l’agriculture, des services et des activités économiques le long du corridor.
Une infrastructure au service de l’intégration régionale
La réhabilitation de la ligne congolaise s’inscrit dans une ambition plus large visant à renforcer la connectivité entre la RDC, l’Angola et les marchés internationaux. À terme, l’amélioration des infrastructures ferroviaires, énergétiques et numériques pourrait contribuer à réduire les coûts logistiques, accroître la compétitivité des produits congolais et favoriser l’intégration économique des provinces concernées.
Avec son financement d’un milliard de dollars et l’entrée en scène de Mota-Engil pour la réhabilitation de la ligne, le Corridor de Lobito apparaît ainsi comme l’un des principaux projets structurants du partenariat économique entre la RDC et les États-Unis. Le succès de cette nouvelle phase dépendra toutefois de la capacité à transformer les investissements dans les infrastructures en retombées concrètes pour l’économie congolaise, notamment en matière d’emplois, de production locale et de création de valeur.
JEK

