Corridor de Lobito : Julien Paluku salue le lancement du projet Dilolo-Sakania avec Mota-Engil

La République démocratique du Congo a enregistré mercredi une nouvelle avancée dans la concrétisation du Corridor de Lobito avec la signature, à Kinshasa, du contrat de concession et de la convention de collaboration relatifs à la ligne ferroviaire Dilolo-Sakania, longue de 1 004,5 kilomètres. Le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, qui a été témoin de l’événement, s’exprime sur son compte X pour saluer une avancée qu’il présente comme un levier majeur pour le commerce, l’emploi et l’intégration économique régionale.

« Heureux d’avoir été témoin de la signature », écrit le ministre, à propos de l’accord conclu entre l’État congolais et Mota-Engil Engenharia e Construção Africa, S.A.

Le contrat couvre le financement, la réhabilitation, la modernisation, l’exploitation, la maintenance et, à terme, le transfert de cette infrastructure ferroviaire stratégique.

La cérémonie s’est déroulée en présence du président congolais Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo et de son homologue angolais João Lourenço, en visite de travail à Kinshasa. Elle intervient après plusieurs mois de préparation institutionnelle : le gouvernement avait approuvé en juillet le partenariat public-privé avec Mota-Engil, avant d’adopter, lors du Conseil des ministres du 31 juillet, le projet de convention de collaboration encadrant la modernisation de la ligne.

Un investissement de 1,258 milliard de dollars

La ligne Dilolo-Sakania constitue la composante congolaise essentielle de la connexion ferroviaire avec le Corridor de Lobito. Elle traverse notamment Kolwezi, Tenke et Lubumbashi, au cœur de l’espace minier, industriel et agricole du sud-est de la RDC, avant de rejoindre les réseaux régionaux permettant l’accès au port angolais de Lobito sur l’Atlantique.

Selon la Présidence de la République, le programme représente un investissement indicatif d’environ 1,258 milliard de dollars américains et prévoit une concession de 30 ans. Les travaux doivent porter sur les études, la réhabilitation, la modernisation, l’exploitation et la maintenance de la ligne.

Pour Julien Paluku, cette infrastructure dépasse donc la seule question du transport ferroviaire. « Cette étape décisive consolide à la fois le partenariat stratégique entre la RDC et les États-Unis et l’axe bilatéral RDC-Angola », relève-t-il sur son compte X.

Du corridor minier au corridor de développement

L’enjeu pour Kinshasa est de transformer le Corridor de Lobito en véritable plateforme de développement économique. La ligne doit notamment faciliter l’évacuation des minerais stratégiques vers les marchés internationaux, tout en réduisant les contraintes logistiques qui pèsent sur la compétitivité des entreprises congolaises.

Le projet s’inscrit également dans une approche plus large défendue par le Gouvernement : connecter les infrastructures de transport aux zones industrielles, agricoles et commerciales, développer les chaînes de valeur locales et faire du corridor un vecteur d’intégration économique régionale.

Cette vision avait notamment été défendue par Julien Paluku lors des réunions de coordination du Corridor de Lobito, où la RDC avait plaidé pour que le projet ne soit pas considéré comme une simple infrastructure de transport, mais comme un écosystème économique intégré, associant agriculture, énergie, transformation locale, zones économiques spéciales, formation professionnelle et modernisation des frontières.

Les partenaires financiers sont également mobilisés. La Banque mondiale s’est notamment engagée sur un financement de 500 millions de dollars pour le tronçon Dilolo-Tenke, tandis que d’autres partenaires internationaux sont associés au développement de l’ensemble du corridor.

Hydrocarbures, énergie et coopération RDC-Angola

La signature ferroviaire s’inscrit dans une séquence plus large de rapprochement entre Kinshasa et Luanda. Au cours de leur rencontre, les deux chefs d’État ont également examiné la coopération dans les domaines des hydrocarbures et de l’électricité.

Les discussions ont porté notamment sur l’opérationnalisation de la Zone d’intérêt commun (ZIC), l’approvisionnement de la RDC en produits pétroliers par la SONANGOL ainsi que les projets d’interconnexion électrique entre les deux pays.

Julien Paluku estime que ces différents dossiers participent d’une même logique : « un véritable catalyseur de prospérité pour toute la région », susceptible de stimuler le commerce et de favoriser la création d’emplois durables.

Le ministre voit ainsi dans le lancement de Dilolo-Sakania une matérialisation supplémentaire de la stratégie économique défendue par le président Tshisekedi : connecter la RDC aux grands corridors régionaux, améliorer ses infrastructures logistiques et transformer sa position géographique et ses ressources naturelles en avantages commerciaux durables.

Lancé sur les rails, le projet Dilolo-Sakania place désormais la RDC devant un impératif : faire de cette infrastructure stratégique non seulement une voie d’exportation des minerais, mais aussi un corridor de production, de transformation, d’échanges et d’emplois, capable de redistribuer davantage de valeur à l’économie congolaise et à l’ensemble de la région.

JEK

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