Cacao, stratégie et souveraineté : Julien Paluku décortique les douze impacts concrets de l’AIC 2026

Un peu plus d’un mois après la signature à Abidjan de l’Accord international sur le cacao (AIC 2026) et quelques jours après sa promulgation par le président de la République, le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, met en avant les retombées attendues de ce nouveau cadre juridique pour la filière cacaoyère congolaise.

Dans une tribune publiée dimanche, le ministre présente l’accord non seulement comme un acquis diplomatique, mais aussi comme un instrument destiné à transformer durablement les conditions de production, de commercialisation et de valorisation du cacao congolais. Selon lui, douze impacts majeurs devraient progressivement bénéficier aux producteurs, en particulier dans les bassins de Beni, Mambasa, Butembo, de la Tshopo et d’autres provinces productrices.

Le premier enjeu concerne la rémunération des planteurs. L’accord introduit le principe du « revenu vital garanti », destiné à mieux prendre en compte le niveau de vie des producteurs dans les mécanismes de fixation des prix. Pour la RDC, cette évolution doit contribuer à limiter les ventes à perte et à renforcer le pouvoir de négociation des agriculteurs face aux acheteurs, notamment dans les zones frontalières où le cacao est souvent écoulé vers les pays voisins.

Le gouvernement met également en avant les possibilités offertes par le commerce équitable et les marchés spécialisés. Le cacao biologique et aromatique produit dans plusieurs régions de la RDC pourrait bénéficier de primes de qualité supplémentaires, susceptibles d’améliorer les revenus des coopératives.

L’adhésion de la RDC à l’Organisation internationale du cacao (ICCO) ouvre par ailleurs l’accès à des mécanismes de financement et d’assistance technique. Les autorités comptent utiliser ces ressources pour renforcer les coopératives, financer les campagnes agricoles, distribuer des équipements de fermentation et de séchage, ainsi que moderniser les infrastructures destinées à améliorer la qualité des fèves destinées à l’exportation.

La question de la souveraineté économique occupe également une place centrale dans cette stratégie. Le ministère souligne que l’accord facilitera la mise en œuvre de systèmes nationaux de certification et de traçabilité répondant aux nouvelles exigences internationales, notamment européennes en matière de lutte contre la déforestation. L’objectif est de permettre au cacao congolais d’accéder durablement aux marchés extérieurs tout en réduisant la dépendance du pays vis-àvis des organismes étrangers de certification.

Selon Julien Paluku, la reconnaissance internationale de l’origine des fèves congolaises devrait également contribuer à mieux valoriser le « cacao de Beni » ou le « cacao de la Tshopo », tout en limitant les pratiques de contrebande qui alimentent les statistiques d’exportation de certains pays voisins.

La dimension logistique figure aussi parmi les priorités. L’accord devrait soutenir le développement d’infrastructures de stockage adaptées, notamment des entrepôts et des centres de conservation, afin de réduire les pertes post-récolte. Il s’inscrit également dans le plan interministériel adopté en mai dernier, qui prévoit la réhabilitation des principaux axes routiers reliant les bassins de production aux ports et aux frontières.

Enfin, les autorités entendent renforcer la sécurisation des zones de production et des corridors d’évacuation. Le gouvernement prévoit notamment le déploiement d’une unité mixte associant les forces de sécurité, les douanes et les services compétents afin de lutter contre la contrebande, les groupes armés et les attaques visant les producteurs et les transporteurs.

En présentant ces douze mesures, le ministère du Commerce extérieur inscrit l’Accord international sur le cacao dans une stratégie plus large de transformation de la filière. L’ambition affichée est de faire du cacao un moteur de diversification économique, de création de valeur ajoutée et d’amélioration des revenus des producteurs, tout en consolidant la place de la RDC parmi les principaux acteurs africains du marché mondial.

JEK

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