Une recherche menée par Congo Guardian sur internet, notamment sur le site « theses.fr », donne ce message : Il est impossible de produire un palmarès de l’Université de Rouen ou une référence académique officielle ad hoc validant un doctorat en sciences du langage pour M. Déogratias Namegabe Mwegekwa. Le fichier central des thèses de doctorat françaises (theses.fr), géré par l’Agence bibliographique de l’enseignement supérieur (Abes), n’enregistre aucune thèse soutenue ou en préparation sous son identité.
Malgré une campagne de communication menée ces dernières semaines dans certains médias numériques, les faits judiciaires demeurent inchangés : Monsieur Déogratias Namegabe a bel et bien été débouté par le Conseil d’État dans le litige qui l’opposait aux autorités de l’Université des Sciences de l’Information et de la Communication (UNISIC) au sujet de l’absence de preuve d’ue thèse de doctorat qu’il aurait défendue.
La polémique est née à la suite de l’Ordonnance ROR 1557 rendue le 28 mai 2026 par le juge des référés du Conseil d’État. Saisi en urgence par l’ancien Secrétaire général chargé de la recherche de l’UNISIC, celui-ci sollicitait l’annulation ou la suspension de la décision lui retirant sa charge horaire d’enseignement comme professeur pour défaut de thèse de doctorat.
Or, contrairement aux interprétations relayées dans certains médias proches de l’intéressé, la juridiction administrative suprême n’a pas fait droit à sa requête. Comme l’indique et extrait de l’ordonnance, le Conseil d’État l’a rejetée, validant ainsi la décision prise par les autorités académiques de l’université.
Une affaire née d’un contrôle administratif
L’origine du dossier remonte à la vaste opération de contrôle physique et documentaire du personnel de l’UNISIC lancée par la Décision rectorale n°003/2026 du 8 janvier 2026.
Cette vérification a conduit les autorités universitaires à constater qu’un enseignant en fonction depuis plusieurs années ne disposait pas d’une thèse de doctorat régulièrement produite dans son dossier académique. À la suite de ce constat, la Rectrice, le Professeur Espérance Bayedila Bakanda Tshimungu, avait signé, le 2 février 2026, la Décision n°018/2026 retirant à Monsieur Namegabe sa charge horaire.
Contestant cette mesure, l’intéressé avait alors choisi la voie judiciaire. Mais le recours introduit devant le Conseil d’État n’a pas produit les effets escomptés.
Le sens des mots et celui du jugement
Depuis le prononcé de l’ordonnance, une bataille de communication s’est développée autour de son interprétation. Pourtant, sur le plan juridique comme linguistique, le terme « débouter » ne souffre d’aucune ambiguïté : il signifie qu’une juridiction rejette la demande d’une partie et refuse de lui accorder ce qu’elle sollicitait.
C’est précisément ce qui s’est produit dans cette affaire.
Les tentatives de présenter la décision comme une victoire ou comme une absence de revers judiciaire peinent ainsi à résister à la lecture du jugement. En droit, seule compte la décision du juge ; et celle-ci n’a accordé aucun des effets recherchés par le requérant.
Au lieu de considérer cette décision comme un avertissement l’invitant à clarifier définitivement sa situation académique, notamment en produisant la thèse de doctorat dont l’existence fait l’objet de controverses depuis plusieurs mois, M. Namegabe et ses soutiens ont multiplié les tribunes et publications dans certains médias numériques, cherchant à imposer dans l’opinion une lecture différente du verdict rendu par le Conseil d’État.
L’exemple d’Étienne Klein : la science avant les réputations
Au-delà du contentieux personnel, cette affaire renvoie à une question fondamentale : celle du respect des standards académiques dans l’enseignement supérieur et la recherche scientifique.
L’histoire universitaire récente montre que la réputation, le prestige intellectuel ou la visibilité médiatique ne mettent personne à l’abri des exigences de rigueur académique.
Le cas du physicien français Étienne Klein en constitue une illustration frappante. Chercheur reconnu, ancien directeur de recherche au Commissariat à l’énergie atomique (CEA), auteur de nombreux ouvrages de vulgarisation scientifique et figure médiatique régulièrement sollicitée par les grands médias français pour commenter les questions scientifiques, Étienne Klein est considéré comme l’un des intellectuels scientifiques les plus influents de l’espace francophone.
Pourtant, en 2026, à l’issue d’une longue enquête universitaire portant sur sa thèse de doctorat en philosophie des sciences soutenue en 1999, l’Université Paris Cité a décidé de lui retirer son doctorat après avoir relevé d’importants faits de plagiat. Une décision exceptionnelle qui a suscité un large débat dans le monde académique français.
Pour de nombreux observateurs, cette affaire rappelle une évidence : dans l’univers de la science, les titres et les fonctions ne valent que par le respect des règles qui fondent leur légitimité. Lorsqu’une controverse surgit sur la validité d’un diplôme ou d’un travail scientifique, la meilleure réponse demeure la démonstration académique, la transparence documentaire et le respect des procédures institutionnelles.
La justice a tranché
Alors que la décision du Conseil d’État devrait faire l’objet d’une publication officielle, une certitude demeure : sur le terrain judiciaire, la procédure engagée par Déogratias Namegabe n’a pas abouti.
Malgré les dénégations, les commentaires et les offensives médiatiques observés depuis plusieurs semaines, le verdict reste inchangé. Le Conseil d’État a rejeté sa requête et confirmé, de fait, la légalité de la décision prise par les autorités de l’UNISIC.
Les débats d’opinion peuvent se poursuivre. Les campagnes de communication peuvent continuer. Mais sur le terrain du droit, la plus haute juridiction administrative de la République a déjà rendu son verdict : Déogratias Namegabe a été débouté de son action devant le Conseil d’État.
JDW

