Sankuru : l’enclavement fait exploser les prix, Mukoko Samba explore des mesures d’urgence

Dans la province du Sankuru, où le prix d’une bouteille de soda peut tripler par rapport à Kinshasa et où un sac de ciment atteint parfois 50 dollars américains, le désenclavement apparaît plus que jamais comme la condition essentielle du développement économique. En mission à Lodja, le Vice-Premier ministre et ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, a dressé ce constat tout en annonçant la recherche de solutions concrètes pour reconnecter cette province du centre de la RDC aux grands circuits économiques nationaux.

Au cours d’une tournée de terrain entamée dimanche, le patron de l’Économie a visité plusieurs infrastructures stratégiques dont dépend l’approvisionnement de la ville de Lodja. L’objectif était de mesurer l’impact des difficultés logistiques sur les coûts de transport, la circulation des marchandises et les prix payés quotidiennement par les ménages.

« Il n’est pas normal qu’une bouteille de Coca vendue à 2.500 francs congolais à Kinshasa coûte jusqu’à 8.000 francs à Lodja », a-t-il déclaré, estimant que l’isolement de la province demeure le principal frein à son essor économique.

Province riche en ressources agricoles, forestières et halieutiques, le Sankuru peine pourtant à valoriser pleinement son potentiel en raison de l’insuffisance des infrastructures de transport. Les opérateurs économiques se plaignent depuis plusieurs années le mauvais état des routes, les difficultés de navigation fluviale et la faiblesse des équipements logistiques, autant de facteurs qui alourdissent les coûts de production et de commercialisation.

Lors de sa visite à l’Office des routes, Daniel Mukoko Samba a constaté l’existence d’un parc d’engins comprenant notamment des camions-bennes, des excavatrices et des compacteurs actuellement peu ou pas exploités. Cette situation illustre les défis auxquels sont confrontés les services techniques chargés de l’entretien des infrastructures routières dans la province.

La délégation gouvernementale s’est ensuite rendue au pont Lokenye, un ouvrage considéré comme l’une des principales portes d’entrée des marchandises vers Lodja.

D’une capacité de 42 tonnes, ce pont constitue un maillon essentiel de la liaison entre le territoire de Lodja, l’ouest du Sankuru et les provinces voisines.

Autre point d’attention : le poste d’accostage d’Okoto, situé sur la rivière Lokenye. Bien que cette voie navigable permette de relier Lodja à Kinshasa grâce à des embarcations pouvant transporter jusqu’à 100 tonnes de marchandises, son exploitation reste limitée par l’absence de balisage, réduisant ainsi son potentiel économique.

Le VPM a également inspecté plusieurs sites d’érosion menaçant la Route nationale numéro 7 (RN7), axe vital pour l’approvisionnement de la province. Selon lui, une interruption de cette route entraînerait immédiatement une nouvelle flambée des prix des produits de consommation courante dans la ville de Lodja.

Face à cette situation, le gouvernement annonce l’adoption prochaine de mesures destinées à préserver la continuité du trafic sur la RN7 et à accélérer les interventions prioritaires identifiées durant la mission.

Au-delà des infrastructures, la mission gouvernementale se veut également un exercice de diagnostic économique participatif. Après des échanges avec les autorités locales, Daniel Mukoko Samba a rencontré les représentants de la société civile ainsi que les membres de la Fédération des entreprises du Congo (FEC) de Lodja afin de recueillir leurs préoccupations et propositions.

À travers cette démarche, Kinshasa entend élaborer une stratégie visant à réduire les coûts logistiques, stimuler la production locale et renforcer l’intégration du Sankuru dans l’économie nationale, avec l’ambition de transformer progressivement une province enclavée mais riche en ressources en un véritable pôle de croissance au cœur du pays.

JEK

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