
La République démocratique du Congo a intensifié son offensive diplomatique en vue de son élection au Conseil de l’Union internationale des télécommunications (UIT) pour le mandat 2027-2030. Profitant de la tribune du Forum ANGOTIC 2026, organisé du 11 au 13 juin à Luanda, en Angola, le ministre des Postes et Télécommunications, José Mpanda Kabangu, a lancé un appel solennel aux pays africains afin qu’ils soutiennent la candidature congolaise lors des élections prévues en novembre prochain à Doha, au Qatar.
Intervenant parmi les panélistes de ce rendez-vous continental consacré aux technologies de l’information et de la communication, le ministre congolais a plaidé pour une représentation accrue de l’Afrique centrale au sein de l’instance dirigeante de l’UIT, où la sous-région demeure faiblement représentée.
« Nous allons bientôt nous retrouver à Doha pour la réunion de l’Union internationale des télécommunications et je voudrais, à travers ce grand forum, annoncer la candidature de la RDC au Conseil de l’UIT. Nous demandons le soutien de l’Angola ainsi que celui de tous les pays frères afin de bâtir ensemble une Afrique connectée et digitalisée », a déclaré José Mpanda devant les participants.
Une candidature portée par l’ambition numérique de la RDC
Pour Kinshasa, cette candidature s’inscrit dans la vision du Président Félix-Antoine Tshisekedi de faire de la RDC un pays connecté à l’horizon 2030 et un hub technologique majeur au cœur du continent africain. Le ministre a notamment fait valoir le statut particulier de la RDC, qui accueille désormais à Kinshasa le siège de l’Union africaine des télécommunications (UAT), rapatrié après plus de trois décennies passées à Nairobi.
À ses yeux, le pays qui abrite cette institution continentale mérite également de siéger parmi les treize représentants africains appelés à défendre les intérêts du continent au sein du Conseil de l’UIT, composé de quarante-huit États membres.
« Nous estimons que le pays qui héberge le siège de l’Union africaine des télécommunications doit siéger parmi les treize pays africains représentés au Conseil de l’UIT », a soutenu le ministre.
Un intense travail de lobbying diplomatique
Au-delà de son intervention publique, José Mpanda a multiplié les rencontres bilatérales en marge du forum avec plusieurs responsables africains du secteur numérique, notamment le ministre sud-africain des Communications et Technologies numériques ainsi que son homologue angolais des Télécommunications, des Technologies de l’information et de la Communication sociale. Ces échanges ont permis au ministre congolais de défendre les atouts de la candidature de la RDC tout en explorant les possibilités d’alliances stratégiques avant les échéances électorales de Doha.
Avec l’Afrique du Sud, les discussions ont également porté sur la candidature de Cynthia Lesufi au secrétariat général de l’Union africaine des télécommunications. Selon des sources proches des échanges, les deux parties ont convenu du principe d’un soutien mutuel entre Pretoria et Kinshasa.
Une Afrique centrale en quête de représentation
L’enjeu est d’autant plus important que l’Afrique centrale demeure aujourd’hui sous-représentée au Conseil de l’UIT. Durant le mandat en cours, seul le Rwanda occupe un siège au nom de la sous-région.
Pour les autorités congolaises, l’élection de la RDC permettrait de rééquilibrer cette représentation tout en donnant davantage de poids aux priorités numériques de l’Afrique centrale dans les grandes décisions internationales relatives aux télécommunications et aux technologies de l’information.
Kinshasa met également en avant ses nombreux atouts géostratégiques : un territoire de plus de 2,3 millions de kilomètres carrés, neuf pays frontaliers, des corridors régionaux majeurs, un vaste marché intérieur ainsi qu’un potentiel énergétique considérable susceptible d’accompagner le développement des infrastructures numériques africaines.
« La RDC constitue un trait d’union naturel entre l’Afrique centrale, l’Afrique australe et l’Afrique de l’Est. Sa candidature est une candidature de souveraineté, de connectivité régionale et de leadership continental », soutiennent les responsables du secteur.
ANGOTIC, vitrine africaine du numérique
La campagne congolaise s’est déroulée dans le cadre du Forum ANGOTIC 2026, principal rendez-vous angolais consacré aux technologies de l’information et de la communication.
Placée sous le thème « En route vers la transformation numérique », cette édition a réuni près de 20 000 participants, une centaine d’exposants et de conférenciers, ainsi que des représentants gouvernementaux, universitaires, entreprises technologiques et startups venus de plusieurs pays africains et d’ailleurs.
Les débats ont porté sur des sujets majeurs tels que l’intelligence artificielle, la cybersécurité, les centres de données, la gouvernance électronique, la télévision numérique ou encore la lutte contre la désinformation.
Pour la RDC, cette plateforme a constitué une occasion privilégiée de présenter sa vision numérique et de rallier des soutiens à quelques mois d’un scrutin qui pourrait renforcer son influence dans la gouvernance mondiale des télécommunications.
JEK

