Le désenclavement économique du Sankuru est au cœur de la mission que mène depuis dimanche dans cette province du centre de la RDC le Vice-Premier ministre et ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba. Après une première série d’échanges avec les autorités locales à son arrivée à Lodja, le chef de la délégation gouvernementale a poursuivi lundi ses visites de terrain en inspectant plusieurs infrastructures et sites de production considérés comme stratégiques pour la relance économique de cette partie du pays.
Première étape de la journée : l’aéroport national de Lodja, où le ministre a évalué l’état d’avancement des travaux de réhabilitation des deux pistes. Pour les autorités locales, cette infrastructure constitue un maillon essentiel du désenclavement du Sankuru, une province dont le développement demeure fortement pénalisé par l’insuffisance des voies de communication.

Située au cœur de la RDC, la province du Sankuru reste l’une des plus difficiles d’accès du pays. L’état dégradé des routes, les coûts élevés du transport et la faiblesse des infrastructures logistiques compliquent l’acheminement des marchandises vers les grands centres de consommation. Cette situation freine les investissements, augmente les coûts des produits de première nécessité et limite l’intégration de la province dans les circuits économiques nationaux.
Depuis son arrivée dimanche, Daniel Mukoko Samba a multiplié les consultations avec les autorités territoriales et les acteurs locaux afin d’identifier les principaux goulots d’étranglement qui empêchent la valorisation du potentiel économique de la province. Son objectif est de dégager des solutions concrètes pour améliorer les échanges commerciaux, faciliter l’accès aux marchés et soutenir les initiatives productives locales.
Un potentiel agricole considérable à Lomela
La mission gouvernementale s’est ensuite rendue dans le territoire de Lomela, à l’Institut national pour l’étude et la recherche agronomiques (INERA) de Mukumari.
Ce site de 2.445 hectares, comprenant près de 1.000 hectares de plantations d’hévéa, témoigne du potentiel agricole considérable dont dispose le Sankuru.
Autrefois considéré comme l’un des principaux bassins de production agricole de l’espace Kasaï, le centre de Mukumari illustre aujourd’hui les défis auxquels sont confrontés de nombreux producteurs de la région. Malgré l’abondance des terres arables et des ressources naturelles en effet, les difficultés d’évacuation des récoltes vers les marchés nationaux réduisent fortement la rentabilité des activités agricoles.
La relance de ces pôles de production passe autant par l’amélioration de la productivité que par la création de débouchés commerciaux viables grâce à de meilleures infrastructures de transport.
Le Sankuru dispose en effet d’importants atouts agricoles. La province produit notamment du manioc, du maïs, du riz, de l’arachide, des haricots, de l’huile de palme et du caoutchouc naturel. Ses vastes espaces forestiers et ses ressources halieutiques constituent également un potentiel encore largement sous-exploité.
Les coopératives de Watambolo au cœur de la relance locale

À Ekuka, dans le secteur de Watambolo, le Vice-Premier ministre a rencontré des agriculteurs organisés en coopératives communautaires. Il a salué leurs initiatives et souligné le rôle central que peuvent jouer les organisations paysannes dans la transformation économique du Sankuru.
Selon les membres de ces structures économiques, ces structures constituent des instruments importants pour accroître la production, mutualiser les moyens de commercialisation et améliorer les revenus des ménages ruraux.
Cette approche s’inscrit dans la stratégie plus large du Gouvernement visant à faire de la production locale un levier de croissance, de sécurité alimentaire et de création d’emplois dans les provinces de l’intérieur du pays.
Faire du Sankuru un acteur économique à part entière
Au-delà du constat des difficultés, la mission de Daniel Mukoko Samba vise à identifier les interventions prioritaires capables de reconnecter le Sankuru aux grands circuits économiques nationaux. Les infrastructures de transport, la modernisation des chaînes logistiques et la valorisation des filières agricoles figurent parmi les principaux axes de réflexion.
Selon sa réflexion au regard de ses observations, l’enjeu est de transformer une province longtemps perçue comme périphérique en un véritable espace de production et d’échanges. Dans cette perspective, le désenclavement du Sankuru apparaît comme une condition indispensable pour exploiter pleinement son potentiel agricole, forestier et humain et contribuer davantage à la croissance de l’économie nationale.
Jean Dibenga Wotsho – JDW

